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Chaînes et tendeurs d’arrimage EN 12195-3 Guide professionnel

Chaîne et tendeur d’arrimage EN 12195-3 : choisir, dimensionner et contrôler

Une chaîne d’arrimage ne se choisit ni à partir du seul poids de la charge, ni à partir de son seul diamètre. La sécurité de l’arrimage dépend de la méthode utilisée, de la capacité d’arrimage LC, de la géométrie des chaînes, du frottement, des points d’arrimage, des terminaisons, des tendeurs et de la stabilité réelle du chargement.

Les chaînes sont particulièrement adaptées aux engins, machines, éléments métalliques et charges lourdes ou agressives lorsque la configuration permet un arrimage mécanique robuste. Leur résistance ne dispense cependant jamais de raisonner l’opération comme un système complet : une chaîne très résistante installée dans une mauvaise direction, sur un point insuffisant ou avec un crochet mal sollicité peut constituer un mauvais arrimage.

Arrimage et levage : deux fonctions différentes
Une chaîne d’arrimage identifiée pour une utilisation selon EN 12195-3 est destinée à retenir une charge pendant son transport. Elle ne doit pas être utilisée comme élingue de levage. La résistance apparente de la chaîne ou le grade de l’acier ne suffisent jamais à autoriser une opération de levage.

Chaîne de décision

Charge réelle
→
Stabilité
→
Déplacements possibles
→
Méthode d’arrimage
→
Points disponibles
→
Angles
→
LC nécessaire
→
Chaîne + tendeur
→
Installation
→
Contrôle

Sommaire — trouver directement la réponse terrain

Comment fonctionne réellement un arrimage par chaîne ?Comprendre LC, STF, points, chaîne, crochets et tendeur comme un seul système.→ Comprendre le chemin de l’effortEN 12195-3, EN 12195-1, NF EN : quelle différence ?Distinguer clairement norme européenne, reprise française et réglementation.→ Clarifier le cadre applicable
Que faut-il vérifier avant de choisir une chaîne ?Masse, stabilité, centre de gravité, points, véhicule, frottement et environnement.→ Préparer correctement l’opérationArrimage direct, frottement ou blocage ?Choisir d’abord la méthode de retenue, puis seulement le matériel.→ Choisir la configuration
Que signifient LC et STF ?Ne plus confondre capacité d’arrimage, pré-tension et poids de la charge.→ Lire correctement le marquageQuel diamètre de chaîne choisir ?Raisonner à partir de la LC nécessaire et du composant le plus faible.→ Dimensionner le système
Quel crochet et quel raccourcisseur ?Choisir les terminaisons en fonction du point et du besoin de réglage.→ Configurer la chaîneComment installer une chaîne d’arrimage ?Méthode complète depuis le contrôle initial jusqu’au contrôle circulaire final.→ Installer étape par étape
Comment positionner correctement un crochet ?Fond du crochet, linguet, charge en pointe et effort latéral.→ Sécuriser les interfacesComment utiliser un raccourcisseur ?Choisir le maillon utile, verrouiller puis conserver la course du tendeur.→ Régler correctement la longueur
Comment utiliser le tendeur à cliquet ?Position, course, tension, verrouillage, interdiction des rallonges et désarrimage.→ Maîtriser la mise en tensionPourquoi les angles changent-ils la capacité nécessaire ?Comprendre α, β et l’intérêt d’améliorer la géométrie.→ Optimiser le chemin des efforts
Que donne le calcul sur un engin de 18 tonnes ?Un cas INRS montre pourquoi quatre chaînes LC 10 000 daN peuvent être insuffisantes.→ Voir un raisonnement completQuand retirer une chaîne ou un tendeur du service ?Allongement, usure, fissure, déformation, grippage, crochet et identification.→ Contrôler et décider
Quand faut-il recontrôler l’arrimage ?Départ, premiers kilomètres, freinage, mauvaise route, météo et arrêt logistique.→ Maintenir la sécurité en routeQuelles erreurs rendent l’arrimage trompeur ?Somme des LC, mauvais point, arête, nœud, rallonge de poignée, tendeur en butée…→ Éviter les mauvaises pratiques

1. Une chaîne d’arrimage fonctionne comme un système mécanique complet

La fonction de la chaîne est de transmettre un effort entre la charge et la structure du véhicule. Pour qu’un arrimage soit efficace, cet effort doit pouvoir circuler depuis le point prévu sur la charge jusqu’au châssis ou à la structure résistante du véhicule sans rencontrer de composant insuffisant ou mal sollicité.

Schéma — chemin réel de l’effort

Charge
→
Point sur la charge
→
Crochet / terminaison
→
Chaîne
→
Tendeur
→
Point véhicule
→
Structure du véhicule
Principe du maillon le plus faible
La capacité du système ne peut pas être supérieure à celle de son composant ou de son interface limitante. Une chaîne de forte LC ne renforce ni un tendeur moins résistant, ni un crochet mal positionné, ni un point d’arrimage insuffisant.

Il faut également considérer la direction de l’effort. Un point d’arrimage peut posséder une capacité suffisante dans une direction et ne pas être prévu pour une traction latérale ou une sollicitation différente. La documentation du véhicule, de l’engin ou de l’équipement réellement utilisé reste donc prioritaire.

Chaîne courte ou chaîne à maillons longs ?

Pour les utilisations générales d’arrimage d’engins, de matériels de travaux publics, de produits métalliques ou d’autres charges lourdes, les chaînes d’arrimage à maillons courts sont la configuration usuelle. Les chaînes à pas plus important spécifiquement conçues pour le transport du bois ne doivent pas être transposées à un service d’arrimage général simplement parce qu’elles semblent mécaniquement robustes.

La chaîne seule n’est pas le système
Un morceau de chaîne dont le grade et le diamètre sont connus ne constitue pas automatiquement un ensemble d’arrimage EN 12195-3. L’identification, les terminaisons, le tendeur, les accessoires et la documentation de l’ensemble doivent correspondre à l’usage.

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2. EN 12195-3, EN 12195-1 et réglementation : ne pas mélanger les niveaux

Le cadre doit être lu sans créer de hiérarchie artificielle entre textes réglementaires et normes techniques.

Terminologie correcteEN 12195-3:2001 est la norme européenne relative aux chaînes d’arrimage.

 

En France, cette norme européenne est reprise dans la collection nationale AFNOR sous la référence NF EN 12195-3.

 

De la même manière, la norme européenne de calcul est EN 12195-1:2010. Sa reprise française est publiée sous la référence NF EN 12195-1.

 

Dans ce guide, lorsqu’il est question du référentiel technique européen lui-même, les références utilisées sont donc EN 12195-3 et EN 12195-1.

Schéma — les cadres interviennent en parallèle

Réglementation européenne applicable
Réglementation française
EN 12195-1
Calcul
EN 12195-3
Chaînes
Instructions du véhicule et du matériel

Une norme n’est pas une loi. La conformité d’un dispositif à EN 12195-3 décrit le référentiel technique applicable au produit ; elle ne démontre pas à elle seule que le chargement réel est correctement sécurisé.

RéférenceNatureRôle pour l’utilisateur
Code de la route — article R.312-19Réglementation françaiseImpose notamment de prendre toutes précautions utiles pour que le chargement ne soit pas une cause de dommage ou de danger ; traite également de l’amarrage de certains chargements et de la fixation des chaînes et accessoires mobiles.
Directive 2014/47/UETexte législatif européenDans son champ d’application, son annexe III traite de la sécurisation du chargement et référence notamment EN 12195-1 et EN 12195-3.
EN 12195-1:2010Norme européenneConception des méthodes d’immobilisation et calcul des forces de retenue.
EN 12195-3:2001Norme européennePrescriptions de sécurité et méthodes d’essai applicables aux chaînes d’arrimage.
EN 12640Norme européenneRéférence concernant les points d’arrimage sur les véhicules dans son domaine d’application.
Notice, plaque et documentationDonnées du matériel réelDéterminent les caractéristiques du dispositif effectivement utilisé : LC, STF lorsqu’elle est applicable, dimensions, montage, restrictions et entretien.

Les valeurs européennes de sollicitation ne sont pas des « poids de chaîne »

Dans le cadre du contrôle de la sécurisation du chargement prévu par la directive 2014/47/UE, l’arrimage doit pouvoir supporter les sollicitations prévues dans son annexe III, notamment vers l’avant et latéralement. Ces coefficients servent au raisonnement de sécurisation ; ils ne doivent pas être convertis directement en « nombre de tonnes par chaîne » sans appliquer la méthode de calcul appropriée.

Cas des véhicules de moins de 3,5 tonnes

Point souvent oublié
Le domaine publié pour EN 12195-1:2010 précise que le document ne s’applique pas aux dispositifs d’arrimage sur des véhicules d’un poids total inférieur à 3,5 tonnes.

Il ne faut donc pas transposer mécaniquement à un petit utilitaire ou à une remorque légère un tableau de dimensionnement prévu dans ce cadre. La documentation du constructeur du véhicule, la résistance réelle des points et les règles adaptées à la configuration doivent être examinées.

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3. Avant de choisir une chaîne : vérifier la charge, le véhicule et les points

Le choix du diamètre arrive relativement tard dans le raisonnement. Avant d’ouvrir le catalogue, plusieurs questions doivent déjà avoir une réponse.

Masse réelle

La masse utilisée pour le dimensionnement doit correspondre à la charge effectivement transportée avec ses équipements ou accessoires concernés.

Centre de gravité

Un centre de gravité élevé ou décentré augmente le risque de basculement et peut modifier fortement la configuration d’arrimage nécessaire.

Stabilité

Une charge instable ne doit pas être traitée comme une simple charge stable glissante. Son risque de basculement doit être étudié spécifiquement.

Points sur la charge

Utiliser en priorité les points explicitement prévus pour le transport et connaître, lorsque nécessaire, leur capacité et leur direction de sollicitation.

Points sur le véhicule

La LC d’une chaîne ne peut pas compenser un point de plateau ou de châssis insuffisant.

Contact avec le plateau

La nature des surfaces, leur propreté, l’humidité et l’éventuelle utilisation de matériaux antiglisse influencent le frottement.

Une charge roulante constitue un cas particulier

Lorsqu’une charge peut rouler dans une direction, il ne faut pas lui attribuer artificiellement le même bénéfice de frottement qu’à une charge stable reposant sur une surface plane. Il faut traiter son risque de déplacement par une méthode adaptée : immobilisation mécanique, calage, blocage et arrimage approprié.

Identifier les bons points d’arrimage

Un élément solide n’est pas forcément un point d’arrimage
Un essieu, un support hydraulique, une marche, un trou de châssis, une poignée, un crochet de remorquage ou un élément de carrosserie ne doivent pas être considérés automatiquement comme des points d’arrimage.

Le bon point est celui dont la fonction et la capacité correspondent à l’effort qui va lui être appliqué. Pour un engin, les instructions du constructeur et les marquages de transport doivent être recherchés avant de créer sa propre logique d’accrochage.

Schéma — avant toute chaîne

Masse connue ?
→
Charge stable ?
→
Points identifiés ?
→
Résistances connues ?
→
Méthode définie ?
→
Dimensionnement

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4. Choisir la méthode d’arrimage avant le matériel

Les chaînes sont très souvent associées à l’arrimage direct des engins et des charges lourdes, mais la bonne méthode dépend de la situation réelle. Le raisonnement peut associer arrimage, blocage et augmentation du frottement.

Arrimage direct

La chaîne relie directement la charge au véhicule et reprend les efforts lorsque la charge cherche à se déplacer.

À étudier en priorité : engins, machines, structures métalliques et charges disposant de points dédiés.

Arrimage par frottement

Le dispositif augmente l’appui de la charge sur le plateau afin d’augmenter la force de frottement disponible.

Donnée déterminante : la pré-tension réellement applicable au dispositif, notamment sa STF lorsqu’elle est spécifiée.

Blocage

Une butée, une cale, un berceau ou une structure adaptée empêche ou limite mécaniquement le déplacement.

Intérêt : reprendre une partie de l’effort sans demander aux chaînes de tout assurer seules.

Méthode combinée

Blocage, frottement et arrimage peuvent être associés lorsque leurs fonctions et capacités sont clairement établies.

Objectif : construire un système cohérent plutôt que multiplier les dispositifs sans plan.

L’arrimage direct en diagonale

Pour les engins disposant de points d’arrimage adaptés, l’arrimage direct en diagonale constitue une configuration très courante.

Schéma de principe — vue de dessus

↖
chaîne
ENGIN / MACHINE

Centre de gravité
à prendre en compte

chaîne
↗
↙
chaîne
chaîne
↘

Schéma pédagogique. Quatre chaînes ne constituent pas une règle universelle : le nombre, les angles et la capacité proviennent du dimensionnement réel.

Point de décision
Lorsque la capacité nécessaire devient très élevée, la bonne solution peut être de modifier la géométrie, améliorer le frottement ou ajouter du blocage plutôt que d’augmenter systématiquement le diamètre des chaînes.

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5. LC et STF : les deux valeurs à ne pas confondre

LC — capacité d’arrimage

La LC, Lashing Capacity, exprime la capacité d’arrimage du dispositif. Elle est une force et s’exprime notamment en kN ou en daN.

LC n’est pas un poids de charge
Une chaîne LC 40 kN, soit 4 000 daN, ne signifie pas « chaîne pour une charge de 4 tonnes ». Le besoin réel dépend des accélérations prises en compte, de la méthode, du frottement, des angles et du nombre de dispositifs efficaces dans la direction étudiée.

STF — effort de tension normalisé

La STF caractérise l’effort de pré-tension associé au dispositif dans les conditions prévues. Elle devient particulièrement importante lorsque la méthode repose sur l’augmentation du frottement.

La STF ne doit pas être déduite de la LC. Elle doit provenir du marquage ou de la documentation du dispositif réellement utilisé lorsqu’elle est nécessaire au calcul.

DonnéeQuestion à laquelle elle répondErreur fréquente
LCQuelle force d’arrimage le dispositif peut-il reprendre dans ses conditions prévues ?L’interpréter comme une masse de charge.
STFQuelle pré-tension de référence le dispositif permet-il d’appliquer ?La confondre avec la LC.
DiamètreQuelle taille de chaîne et quels composants sont compatibles ?Choisir uniquement « au diamètre ».
α et βQuelle part de l’effort de la chaîne agit réellement dans la direction utile ?Supposer que toute la LC agit horizontalement.
μQuelle part de la retenue est assurée par le contact entre charge et support ?Choisir une valeur favorable sans pouvoir la justifier.

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6. Choisir le diamètre : partir de la LC nécessaire, pas du poids transporté

Dans la gamme de chaînes et tendeurs d’arrimage, plusieurs diamètres permettent d’atteindre différents niveaux de capacité. Le diamètre sélectionné doit être compatible avec le tendeur, les crochets, les raccourcisseurs et l’ensemble de la configuration.

DiamètreLCÉquivalenceLecture correcte
8 mm40 kN4 000 daNÀ étudier lorsque la LC calculée par dispositif reste compatible avec cette capacité.
10 mm63 kN6 300 daNNiveau supérieur lorsque le besoin calculé dépasse la capacité du 8 mm.
13 mm100 kN10 000 daNPour des configurations d’arrimage lourd nécessitant une LC plus importante.
16 mm160 kN16 000 daNPour les besoins de forte LC, sous réserve que tous les points et composants puissent effectivement reprendre ces efforts.
Ce tableau ne donne aucune charge maximale transportable
La présence d’une chaîne LC 10 000 daN ne permet pas de conclure qu’elle convient à une charge de 10 tonnes. Le cas pratique présenté plus loin montre qu’une charge de 18 tonnes peut nécessiter plus de 11 000 daN sur chacun de quatre dispositifs.

Le point d’ancrage doit suivre

Schéma — le composant limitant fixe la limite réelle

Chaîne
100 kN
→
Tendeur
100 kN
→
Crochet
100 kN
→
Point véhicule
capacité inférieure

La chaîne 100 kN ne rend pas le point plus résistant.

Prendre plus gros n’est pas automatiquement plus sûr

Une chaîne surdimensionnée peut devenir plus lourde à manipuler, imposer des crochets plus volumineux et devenir difficile à connecter correctement aux points existants. La bonne solution est une configuration dont la capacité satisfait le besoin calculé avec des interfaces compatibles et une géométrie correcte.

Chaînes et tendeurs d’arrimage

Choisir le diamètre, les terminaisons et le dispositif de mise en tension en fonction de la LC calculée et de la configuration réelle.

Voir les chaînes et tendeurs d’arrimage

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7. Choisir les terminaisons : connecter et régler sont deux fonctions différentes

Deux chaînes de même diamètre et de même capacité peuvent avoir des usages pratiques différents selon leurs terminaisons.

ConfigurationFonction principalePoint de vigilance
Crochet à linguetConnexion directe sur un point compatible.Le crochet doit pouvoir s’asseoir correctement sans travailler sur le bec ou sur le linguet.
Crochet / dispositif de raccourcissementRéglage de la longueur utile de la chaîne.Le maillon doit être entièrement engagé et maintenu par le dispositif prévu.
Deux crochets à linguetConnexion directe aux deux extrémités lorsque les deux interfaces le permettent.La longueur de chaîne et la course du tendeur doivent permettre le réglage.
Crochet à linguet + raccourcisseurConnexion d’un côté, réglage de longueur de l’autre.Particulièrement utile lorsque la distance entre points varie.
Deux raccourcisseursRéglage possible aux deux extrémités selon la conception de l’ensemble.Vérifier le montage exact prévu pour l’ensemble utilisé.
Raccourcisseur ≠ tendeur
Le raccourcisseur règle la longueur utile de la chaîne. Le tendeur réalise ensuite la mise sous tension. Faire absorber une grande longueur de mou uniquement au tendeur conduit souvent à une mauvaise position de réglage.

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8. Installer une chaîne d’arrimage : méthode complète pas à pas

La mise en œuvre commence avant la mise en tension. Le professionnel doit pouvoir expliquer pourquoi chaque chaîne est là, quelle direction elle retient, sur quels points elle travaille et quelle capacité est attendue d’elle.

1Sécuriser la zone de travail

Stationner le véhicule dans une situation compatible avec l’opération, maîtriser les circulations à proximité et éviter de placer l’opérateur dans une zone de chute, de roulement ou d’écrasement de la charge.

Lorsque la configuration le permet, privilégier les opérations d’arrimage depuis le sol plutôt qu’une exposition inutile à une chute de hauteur.

2Stabiliser la charge avant de tendre

  • positionner la charge conformément au plan de transport ;
  • vérifier son appui sur le plateau ;
  • installer les cales, berceaux ou dispositifs de blocage prévus ;
  • immobiliser les parties mobiles de l’engin selon les instructions applicables ;
  • vérifier que rien ne peut se déplacer indépendamment pendant la mise en tension.

3Contrôler le matériel avant la pose

Examiner la plaque d’identification, les maillons, crochets, dispositifs de raccourcissement, tendeurs et pièces de liaison. Un défaut visible doit être traité avant installation, pas après avoir mis la chaîne sous tension.

4Identifier les points prévus

Repérer les points retenus par le plan d’arrimage côté charge et côté véhicule. Vérifier leur état et leur compatibilité avec les crochets.

5Présenter la chaîne sans tension

Déployer la chaîne suivant son futur chemin d’effort. Cette présentation à vide permet de détecter immédiatement un mauvais angle, une arête, un flexible, une pièce mobile ou un point incompatible.

  • chaîne non nouée ;
  • aucun maillon anormalement torsadé ou coincé ;
  • trajet aussi direct que possible ;
  • absence de passage sur une arête vive ;
  • absence de pincement ;
  • absence de contact agressif avec un flexible, câble, réservoir ou organe fragile.
Acier ne signifie pas insensible aux arêtes
Les chaînes d’arrimage ne doivent pas être installées sur une arête vive sans solution adaptée. Il faut modifier le cheminement ou créer une interface de protection appropriée.

6Connecter le premier crochet

Le crochet doit entrer librement sur le point choisi et pouvoir s’aligner avec la traction. S’il est trop volumineux pour s’asseoir correctement, la solution n’est pas de le forcer : il faut revoir l’interface.

7Connecter l’autre extrémité

Positionner l’ensemble de manière à obtenir l’angle prévu par le plan d’arrimage. Un point voisin apparemment plus pratique peut modifier suffisamment α ou β pour changer la capacité nécessaire.

8Reprendre le gros du mou par le réglage de longueur

Lorsque l’ensemble possède un raccourcisseur, sélectionner le maillon qui rapproche la chaîne de sa longueur de travail avant d’utiliser le tendeur.

9Vérifier l’engagement du raccourcisseur

Le maillon actif doit être correctement assis dans le logement prévu et le dispositif de retenue ou de verrouillage doit empêcher sa sortie accidentelle.

10Positionner le tendeur dans sa plage utile

Le tendeur doit disposer d’une course permettant la mise en tension. Éviter de commencer l’opération avec un tendeur déjà pratiquement en butée dans un sens ou dans l’autre.

Position avant tensionÉvaluationRaison
Pratiquement ferméÀ corrigerRéserve de serrage insuffisante.
Pratiquement ouvertÀ corrigerPlage de fonctionnement et engagement à vérifier.
Course utile disponibleConfiguration recherchéePermet une mise en tension maîtrisée et un éventuel réajustement.

11Supprimer progressivement le mou

Actionner le tendeur progressivement tout en observant le comportement de l’ensemble. La chaîne doit prendre sa direction de travail sans déplacer un crochet, arracher une cale ou faire pivoter un point.

12Mettre sous tension sans excès

Le but n’est jamais de produire la plus grande tension possible. La tension doit correspondre à la fonction de l’arrimage et à la conception du matériel.

Aucune rallonge sur la poignée
Ne pas ajouter de tube, de barre ou de rallonge au tendeur à cliquet pour augmenter le couple. Si le montage ne peut être réglé correctement avec le dispositif prévu, il faut corriger la configuration.

13Observer les interfaces pendant la tension

Arrêter immédiatement la mise sous tension si un crochet se place en pointe, si un point se déforme, si un raccourcisseur se positionne mal ou si la chaîne se déplace vers une arête.

14Verrouiller le mécanisme

Placer le tendeur dans la position de sécurité prévue par sa conception. Le mécanisme doit empêcher une perte de réglage liée aux vibrations ou au fonctionnement du véhicule.

15Immobiliser les parties libres

Une extrémité ou une longueur libre de chaîne ne doit pas pouvoir sortir du contour du chargement, frapper le véhicule ou traîner au sol.

16Effectuer un contrôle circulaire complet

Faire le tour du chargement et contrôler chaque dispositif depuis ses deux extrémités.

  • point côté charge correct ;
  • point côté véhicule correct ;
  • crochets correctement assis ;
  • linguets ou sécurités fonctionnels ;
  • raccourcisseurs verrouillés ;
  • tendeurs correctement positionnés et verrouillés ;
  • aucune chaîne sur arête vive ;
  • aucun maillon coincé ou anormalement déformé ;
  • angles conformes à la configuration calculée ;
  • absence de mou anormal ;
  • calages toujours en bonne position ;
  • aucune partie libre susceptible de sortir du contour ou de traîner.

Schéma — séquence d’installation

Contrôler
→
Choisir les points
→
Présenter
→
Accrocher
→
Raccourcir
→
Positionner le tendeur
→
Mettre sous tension
→
Verrouiller
→
Contrôler 360°

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9. Positionner correctement les crochets

Le crochet est une interface critique. Une mauvaise position peut modifier profondément la façon dont l’effort traverse le composant.

Appui correct

Le point entre suffisamment dans le crochet et l’effort est repris par la zone porteuse prévue. Le crochet peut s’aligner avec la chaîne.

Charge sur le bec

Le point ne rentre pas suffisamment et l’effort est repris près de l’extrémité du crochet. Il faut modifier l’interface.

Effort latéral

Le crochet est coincé de travers contre un anneau, une tôle ou une structure et ne peut pas s’aligner avec la traction.

Appui sur le linguet

Le linguet sert à retenir la connexion ; il ne doit pas devenir l’élément principal qui reprend l’effort.

Le crochet doit être compatible avec le point
Un crochet plus gros n’est pas automatiquement plus sûr. S’il ne peut pas s’asseoir correctement dans le point, la géométrie de connexion est mauvaise.

Contrôler le point en même temps que le crochet

Rechercher notamment une déformation, une fissure, une corrosion anormale, une fixation desserrée ou une soudure détériorée. Si la résistance ou la fonction du point n’est pas connue alors qu’elle conditionne la sécurité du transport, l’information doit être obtenue avant utilisation.

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10. Utiliser correctement un dispositif de raccourcissement

Le raccourcisseur permet de choisir la longueur utile de chaîne avant la mise sous tension fine. Il doit être considéré comme un composant porteur à part entière.

Schéma — méthode de réglage

Présenter la chaîne
→
Choisir le maillon
→
Engager complètement
→
Verrouiller
→
Tension fine au tendeur
  • utiliser un raccourcisseur compatible avec la chaîne et l’ensemble ;
  • engager complètement le maillon retenu ;
  • vérifier que le maillon n’est pas de travers ;
  • contrôler le dispositif de retenue ou de verrouillage ;
  • vérifier l’alignement de la partie active de la chaîne ;
  • s’assurer que la partie libre n’interfère pas avec le mécanisme.
Ne jamais improviser un raccourcissement
Pas de nœud, boulon entre deux maillons, fil métallique, soudure improvisée ou accessoire non prévu pour cette fonction.

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11. Utiliser le tendeur à cliquet : régler, tendre, verrouiller et relâcher

Avant la mise sous tension

  • mécanisme mobile et fonctionnel ;
  • absence de grippage ou de point dur ;
  • filetages sans déformation visible ;
  • corps et poignée non déformés ;
  • composants correctement assemblés ;
  • course de réglage disponible ;
  • tendeur accessible pour le contrôle et le désarrimage.

Pendant la mise sous tension

Actionner progressivement le cliquet et observer la totalité de la ligne d’effort. La mise sous tension peut révéler un défaut invisible à vide : mauvais appui du crochet, déplacement d’une cale, point qui tourne, chaîne qui se rapproche d’une arête ou raccourcisseur qui se met de travers.

Le bras de levier prévu est la limite pratique
Aucune barre ou rallonge ne doit être ajoutée pour augmenter artificiellement le couple appliqué au tendeur.

Après la tension

Vérifier la position finale du mécanisme et son verrouillage. Le tendeur ne doit pas être laissé dans une configuration où les vibrations risquent de provoquer une perte de réglage.

Au désarrimage

Le relâchement est une phase de travail à part entière. Avant d’ouvrir le tendeur, vérifier si la charge a pu se déplacer pendant le transport et si elle s’appuie désormais sur la chaîne.

Énergie stockée
Une chaîne sous tension peut libérer brutalement de l’énergie. L’opérateur doit se tenir hors de l’axe possible du crochet, du brin de chaîne et de toute partie de charge susceptible de bouger lors du relâchement.

Sur une charge roulante ou instable, le risque doit être traité avant de supprimer le moyen de retenue.

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12. Angles α et β : la géométrie détermine l’efficacité réelle

Une chaîne n’utilise pas automatiquement toute sa LC dans la direction qui intéresse l’opérateur. Son effort se décompose suivant sa position dans l’espace.

Angle vertical α

Schéma de principe — angle vertical

Point sur la charge ●╲
╲ chaîne
╲
● Point véhicule
──────── plateau
α

α décrit l’inclinaison verticale du dispositif par rapport au plan de référence utilisé dans la méthode de calcul. Sa modification change la répartition entre composante verticale et composante horizontale.

Angle horizontal β

Schéma de principe — vue de dessus

AVANT DU VÉHICULE ↑
● point véhicule╲ chaîne
╲ β
CHARGE
↑ axe longitudinal

β conditionne la répartition de l’effort entre les directions longitudinales et transversales.

Conserver la convention de calcul
Les angles doivent être mesurés et interprétés avec la même convention que celle utilisée par la méthode, l’abaque ou le logiciel de calcul. Inverser les définitions d’α et β rend le calcul incohérent.

Quatre moyens d’améliorer une configuration

Déplacer un point

Quelques dizaines de centimètres peuvent parfois donner une géométrie beaucoup plus favorable.

Améliorer le frottement

Une interface antiglisse correctement choisie peut réduire l’effort résiduel à reprendre lorsque son coefficient est justifiable.

Ajouter un blocage

Une cale ou une structure adaptée peut reprendre mécaniquement une partie du déplacement.

Augmenter la capacité

Solution à envisager lorsque la géométrie est déjà cohérente et que les points acceptent les efforts correspondants.

Réflexe professionnel
Lorsque le calcul impose une chaîne très supérieure à celle initialement envisagée, il faut d’abord demander : « la géométrie peut-elle être améliorée ? »

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13. Frottement, arêtes et état du plateau

Le frottement intervient dans le dimensionnement, mais il ne doit jamais être choisi comme une valeur théorique favorable sans regarder l’état réel des surfaces.

SituationEffet possibleDécision
Plateau et charge propres, contact identifiéCoefficient pouvant être déterminé selon la méthode de référence.Utiliser une valeur justifiable.
Huile, boue, poussière, glace ou matériau libreDiminution ou forte incertitude du frottement.Nettoyer ou revoir le dimensionnement.
Tapis antiglisse appropriéAugmentation possible du frottement.Utiliser les caractéristiques du produit et une mise en œuvre correcte.
Charge roulante dans la direction étudiéeLe raisonnement par frottement devient inadapté ou très défavorable.Immobiliser mécaniquement et traiter le roulement.

Arêtes et points de contact

Une chaîne résiste mieux à certaines agressions qu’une sangle textile, mais elle n’est pas invulnérable. Une arête vive concentre les contraintes et peut endommager les maillons ou la surface de la charge.

La bonne solution peut être de déplacer la chaîne
Une protection n’est pas toujours la première réponse. Lorsque le cheminement peut être modifié pour éviter complètement l’arête, cette solution mérite d’être étudiée en priorité.

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14. Cas pratique : engin de travaux publics de 18 tonnes

Données de l’exemple
Masse : 18 000 kg
Méthode : arrimage direct avec quatre moyens d’arrimage
Angle vertical : α = 40°
Angle horizontal : β = 25°
Coefficient de frottement : μ = 0,2

Pour cette configuration, la capacité minimale requise est de 11 216 daN sur chacun des quatre moyens d’arrimage.

Chaîne étudiéeLCBesoin de l’exempleRésultat sur le seul critère LC
8 mm4 000 daN11 216 daNInsuffisant
10 mm6 300 daN11 216 daNInsuffisant
13 mm10 000 daN11 216 daNInsuffisant
16 mm16 000 daN11 216 daNCapacité suffisante à étudier
Pourquoi « quatre fois 10 000 daN » est un mauvais raisonnement
Quatre chaînes LC 10 000 daN donnent arithmétiquement 40 000 daN si l’on additionne simplement les marquages. Pourtant, dans cette géométrie, elles restent insuffisantes parce que chacune des quatre lignes d’arrimage doit atteindre 11 216 daN.

Améliorer le frottement change le résultat

Avec la même masse et les mêmes angles mais un coefficient de frottement de μ = 0,3, lorsqu’une telle valeur est réellement justifiée, le besoin descend à 8 990 daN par dispositif.

Schéma — deux configurations, deux besoins

18 t
α 40°
β 25°
μ 0,2
→
11 216 daN
par dispositif
→
Contact amélioré
μ 0,3
→
8 990 daN
par dispositif

Avec 8 990 daN nécessaires, une chaîne LC 10 000 daN devient alors étudiable sur le critère de capacité. Cela ne signifie toujours pas que l’arrimage est automatiquement validé : il faut encore contrôler points, crochets, tendeurs, géométrie, stabilité et installation.

Ce cas résume toute la logique du guide
La bonne question n’est pas : « Quelle chaîne pour 18 tonnes ? »Elle est : « Quelle capacité chaque dispositif doit-il réellement fournir dans cette géométrie et avec ces conditions de contact ? »

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15. Situations dans lesquelles il faut revoir la configuration

SituationPourquoi elle mérite une nouvelle étudeAction possible
LC calculée supérieure au matériel disponibleLe dispositif initial est insuffisant.Améliorer géométrie, frottement, blocage, nombre de dispositifs ou capacité.
Point d’arrimage trop faibleLe système est limité par le point, pas par la chaîne.Changer de point ou revoir la configuration.
Crochet qui travaille en pointeInterface incompatible.Changer de terminaison ou de point.
Chaîne sur arête viveRisque d’endommagement et mauvaise transmission d’effort.Modifier le cheminement ou protéger de façon adaptée.
Angles très défavorablesLa composante utile de l’effort devient faible.Repositionner les points.
Charge roulanteLe déplacement ne peut pas être traité comme un simple glissement.Caler et bloquer mécaniquement.
Charge instable ou centre de gravité élevéLe risque de basculement peut devenir dimensionnant.Étudier spécifiquement la stabilité.
Matériel sans identification fiableLa capacité et la traçabilité ne peuvent pas être confirmées.Mise à l’écart avant réutilisation.

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16. Contrôler une chaîne, un tendeur et leurs accessoires

Les équipements d’arrimage subissent des chocs, de la corrosion, des salissures, des efforts répétés et des manutentions fréquentes. Le contrôle visuel avant utilisation fait donc partie de la méthode de travail.

Schéma — ordre de contrôle

Identification
→
Chaîne
→
Crochets
→
Raccourcisseurs
→
Tendeur
→
Points
→
Montage réel

Critères de retrait concernant la chaîne

DéfautCritère / observationDécision
AllongementAllongement supérieur à 3 %, évalué selon la méthode de contrôle appropriée.Mise à l’écart
UsureUsure atteignant 10 % du diamètre nominal concerné.Mise à l’écart
FissureFissure ou défaut assimilable.Mise à l’écart
Entaille / rainure / strieDégradation susceptible de créer une concentration de contrainte.Mise à l’écart / évaluation appropriée
DéformationMaillon gauchi, écrasé ou présentant une déformation visible.Mise à l’écart
Corrosion importanteDégradation susceptible d’affecter la section ou le fonctionnement.Mise à l’écart / évaluation
Décoloration thermiqueTrace d’exposition anormale à une température élevée.Mise à l’écart
Identification absenteImpossible de confirmer correctement les caractéristiques de l’ensemble.Mise à l’écart

Tendeur à cliquet

  • mécanisme grippé ;
  • point dur pendant la mise sous tension ;
  • filetage déformé ;
  • corps ou poignée déformé ;
  • dispositif de verrouillage non fonctionnel ;
  • fissure ou usure importante sur un composant porteur.

Crochets

  • linguet de sécurité absent lorsqu’il fait partie de la conception ;
  • ouverture du crochet augmentée de plus de 10 % ;
  • déformation ;
  • fissure ;
  • usure importante ;
  • corrosion susceptible d’affecter la résistance ou le fonctionnement.
Doute sérieux = mise à l’écart
Un composant porteur dont l’aptitude au service n’est plus certaine ne doit pas être remis en circulation « pour voir s’il tient ». Il est mis à l’écart avant une nouvelle utilisation et évalué de façon appropriée.

Contrôle périodique : ne pas parler de VGP de levage

Les chaînes et accessoires d’arrimage ne doivent pas être assimilés automatiquement aux accessoires de levage soumis à leur propre régime de vérification. L’organisation doit néanmoins assurer leur maintien en état. Un contrôle avant utilisation et une vérification périodique organisée par une personne compétente permettent de détecter l’usure, les déformations, les défauts de fonctionnement et la perte d’identification avant remise en service.

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17. Recontrôler l’arrimage pendant le transport

Un montage correct au départ peut évoluer. Le chargement peut se tasser, une cale peut bouger, un contact peut changer ou un dispositif perdre une partie de sa tension.

Schéma — moments de contrôle

Avant départ
→
Après quelques kilomètres
ou première heure
→
Après freinage violent
→
Après route très dégradée / choc
→
Après changement de conditions
→
Après arrêt logistique pertinent

Le contrôle ne porte pas uniquement sur la sensation de tension de la chaîne. Il faut également vérifier :

  • la position de la charge ;
  • les cales et dispositifs de blocage ;
  • l’appui des crochets ;
  • l’engagement des raccourcisseurs ;
  • les tendeurs ;
  • les points d’arrimage ;
  • l’apparition d’un contact ou d’un frottement non prévu.
Une chaîne encore tendue ne prouve pas que la charge n’a pas bougé
Le recontrôle est un contrôle de la configuration entière, pas seulement de la tension.

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18. Erreurs fréquentes et mauvaises interprétations

ErreurPourquoi elle est fausse ou dangereuseBonne méthode
« La charge fait 8 tonnes, je prends une chaîne donnée pour plus de 8 tonnes. »La LC n’est pas une masse maximale transportable.Calculer les forces réellement à reprendre.
Additionner toutes les LCLes chaînes n’agissent pas nécessairement toutes dans la même direction avec 100 % de leur capacité.Prendre en compte la géométrie et la direction de chaque dispositif.
Choisir un gros diamètre « par sécurité »Le crochet ou les points peuvent devenir incompatibles.Dimensionner puis vérifier toutes les interfaces.
Utiliser n’importe quel élément solide comme pointSa fonction et sa résistance peuvent être inconnues.Utiliser des points adaptés et documentés.
Faire travailler le crochet sur sa pointeLa géométrie porteuse n’est plus celle prévue.Changer l’interface ou le point.
Faire porter l’effort sur le linguetLe linguet n’est pas l’élément principal de reprise de charge.Asseoir correctement le crochet.
Passer sur une arête viveRisque d’endommagement et de concentration d’effort.Modifier le cheminement ou protéger correctement.
Faire un nœud dans la chaîneLa géométrie et les contraintes dans les maillons sont profondément modifiées.Utiliser un raccourcisseur adapté.
Ajouter un tube sur le tendeurLa force manuelle prévue peut être largement dépassée.Actionner uniquement avec la commande prévue.
Mettre le tendeur en butée avant d’avoir finiPlus de réserve de réglage.Reprendre d’abord la longueur de chaîne.
Utiliser une chaîne d’arrimage pour leverArrimage et levage correspondent à des équipements et référentiels différents.Employer un équipement spécifiquement destiné au levage.
Conserver une chaîne sans identificationImpossible de confirmer correctement sa capacité et sa traçabilité.Mettre à l’écart.
Ne jamais recontrôler en routeLe montage peut évoluer pendant le transport.Programmer les recontrôles nécessaires.

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19. Checklist professionnelle avant départ

Charge

  • masse connue ;
  • position correcte ;
  • centre de gravité pris en compte ;
  • stabilité vérifiée ;
  • éléments mobiles immobilisés.

Blocage et contact

  • cales correctement posées ;
  • surfaces propres ;
  • frottement cohérent avec le calcul ;
  • aucun mouvement de roulement libre ;
  • aucun tassement évident prévisible.

Points

  • points charge identifiés ;
  • points véhicule adaptés ;
  • état correct ;
  • résistance compatible ;
  • direction de sollicitation correcte.

Chaînes

  • identification lisible ;
  • LC suffisante ;
  • aucun maillon défectueux ;
  • aucun nœud ;
  • aucune arête vive.

Crochets et raccourcisseurs

  • crochet correctement assis ;
  • pas de charge en pointe ;
  • sécurités fonctionnelles ;
  • maillon correctement engagé ;
  • aucun effort latéral anormal.

Tendeurs

  • mécanisme fluide ;
  • filetage sain ;
  • course suffisante ;
  • aucune rallonge de poignée ;
  • verrouillage final confirmé.

Géométrie

  • angles conformes au calcul ;
  • directions de retenue couvertes ;
  • chaînes correctement alignées ;
  • aucun point choisi par simple commodité ;
  • pas de contact imprévu.

Dernier tour

  • absence de mou anormal ;
  • parties libres immobilisées ;
  • rien ne peut traîner au sol ;
  • charge toujours stable ;
  • recontrôle prévu.

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20. FAQ — chaînes et tendeurs d’arrimage

EN 12195-3 est-elle une norme française NF ?
Non. EN 12195-3 est une norme européenne. En France, sa reprise nationale par AFNOR porte la référence NF EN 12195-3. Dans le présent guide, la référence technique européenne est donc écrite EN 12195-3.
Quelle différence entre EN 12195-1 et EN 12195-3 ?
EN 12195-1 concerne la conception des méthodes d’immobilisation et le calcul des forces de retenue. EN 12195-3 concerne les chaînes d’arrimage, leurs prescriptions de sécurité et méthodes d’essai.
Une chaîne 8 mm LC 40 kN permet-elle d’arrimer une charge de 4 tonnes ?
Pas automatiquement. 40 kN correspondent à 4 000 daN de capacité d’arrimage, pas à une masse maximale de charge de 4 tonnes. Le besoin doit être déterminé à partir de la configuration réelle.
Peut-on additionner les LC de toutes les chaînes ?
Pas pour conclure directement à la sécurité du chargement. Chaque chaîne travaille suivant une direction et des angles qui déterminent la part de sa capacité réellement utile dans la direction étudiée.
Quatre chaînes suffisent-elles toujours pour un engin ?
Non. Quatre dispositifs sont fréquents en arrimage direct diagonal, mais le nombre, leur LC, leurs angles et les résistances des points doivent correspondre au plan d’arrimage réel.
Faut-il tendre une chaîne le plus fort possible ?
Non. Il faut obtenir la tension nécessaire à la configuration sans excès et sans dépasser les conditions prévues pour les composants. Une forte tension ne corrige pas une mauvaise géométrie.
Peut-on mettre un tube sur la poignée du tendeur ?
Non. L’ajout d’une barre ou d’une rallonge augmente artificiellement l’effort appliqué et peut surcharger les composants ou les points.
Pourquoi utiliser un raccourcisseur si le tendeur permet déjà de régler ?
Le raccourcisseur reprend le gros de la longueur libre. Le tendeur peut alors travailler dans une plage de réglage adaptée à la mise sous tension.
Peut-on utiliser une chaîne d’arrimage EN 12195-3 pour lever une charge ?
Non. Une chaîne destinée à l’arrimage selon EN 12195-3 ne doit pas être transformée en élingue de levage simplement parce qu’elle possède une résistance élevée.
Une chaîne de levage Grade 80 est-elle automatiquement utilisable pour l’arrimage ?
Non. Le grade du matériau ne suffit pas à constituer un ensemble d’arrimage. Le dispositif complet doit être identifié, configuré et documenté pour sa fonction d’arrimage.
Peut-on passer une chaîne sur une arête vive ?
La chaîne doit être protégée contre les arêtes susceptibles de l’endommager. Lorsque cela est possible, le premier choix consiste à modifier le cheminement afin d’éviter l’arête.
Que faire si la plaque ou l’identification n’est plus lisible ?
Mettre l’équipement à l’écart tant que son identité et ses caractéristiques ne peuvent pas être établies de façon appropriée.
Une chaîne 16 mm est-elle toujours plus sûre qu’une 13 mm ?
Non. Elle offre une capacité supérieure dans la gamme considérée, mais peut être plus lourde et imposer des interfaces plus volumineuses. La bonne chaîne est celle qui répond au calcul avec des points et composants compatibles.
Quand faut-il contrôler de nouveau l’arrimage ?
Notamment après les premiers kilomètres ou la première heure, après une sollicitation routière importante, une mauvaise route, un changement de conditions, un arrêt logistique ou une modification du chargement.
Une vérification périodique est-elle une VGP de levage ?
Non. Il ne faut pas confondre le suivi des accessoires d’arrimage avec le régime des équipements de levage. Le maintien en bon état doit néanmoins être organisé et les équipements contrôlés avant utilisation ainsi qu’à intervalles adaptés par une personne compétente.
EN 12195-1 s’applique-t-elle à tous les véhicules légers ?
Le domaine publié de EN 12195-1:2010 exclut les dispositifs d’arrimage sur des véhicules d’un poids total inférieur à 3,5 tonnes. Il ne faut donc pas transposer automatiquement les méthodes correspondantes à ces véhicules.

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21. Choisir la bonne famille d’arrimage

La chaîne est particulièrement pertinente lorsque la charge, les points et la méthode conduisent à un arrimage lourd et mécanique. Elle n’est cependant pas la solution universelle.

SituationFamille à étudierPourquoi
Engin, machine, structure ou charge lourde avec points adaptésChaînes et tendeurs d’arrimageParticulièrement adaptés à l’arrimage direct lourd.
Arrimage textile routier courantSangles d’arrimage 50 mmPlus légères à manipuler et adaptées à de nombreuses charges générales.
Blocage intérieur ou organisation du chargementBarres, arceaux et railsPermettent de limiter ou empêcher mécaniquement certains déplacements.
Besoin de parcourir toutes les familles d’arrimageSolutions d’arrimageChoisir la famille à partir de la charge et de la méthode.

Configurer un arrimage par chaîne

Le choix final doit associer le diamètre, la LC, la longueur, les terminaisons et le tendeur à la géométrie réelle du chargement.

Chaînes et tendeurs d’arrimage
Toutes les solutions d’arrimage

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22. Références techniques et réglementaires

Les références ci-dessous permettent d’approfondir ou de vérifier le cadre présenté. Pour une opération réelle, les données de l’équipement, du véhicule et de la charge effectivement utilisés restent prioritaires.

SourceRéférenceObjet
AFNORReprise française NF EN 12195-3Publication nationale correspondant à la norme européenne EN 12195-3:2001.
AFNORReprise française NF EN 12195-1Publication nationale correspondant à EN 12195-1:2010 — calcul des forces de retenue.
INRSED 6145 — Arrimage des charges sur les véhicules routiersMéthodes d’arrimage, équipements, calcul, contrôle et prévention.
INRSED 6068 — Arrimage en sécurité d’engins sur véhicules routiersApproche spécifique de l’arrimage direct d’engins.
EUR-LexDirective 2014/47/UECadre européen de contrôle technique routier et sécurisation du chargement dans son champ d’application.
LégifranceCode de la route — article R.312-19Conditions de sécurité du chargement et fixation des chaînes et accessoires.
Références à retenir
Norme européenne produit : EN 12195-3:2001
Norme européenne de calcul : EN 12195-1:2010Les dénominations NF EN 12195-3 et NF EN 12195-1 sont utilisées uniquement lorsque l’on désigne spécifiquement les reprises françaises publiées par AFNOR.
Priorité au matériel réel
La plaque, le marquage, la notice, la documentation du véhicule, les caractéristiques des points d’arrimage et les instructions du constructeur de la charge restent prioritaires lorsqu’une donnée générale entre en conflit avec l’équipement effectivement utilisé.

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23. Conclusion — le diamètre est la conclusion, pas le point de départ

Un arrimage par chaîne efficace résulte d’un raisonnement mécanique complet. La résistance du matériel n’est qu’une partie de la réponse.

Le professionnel doit d’abord connaître la charge et sa stabilité, déterminer les déplacements possibles, choisir une méthode, vérifier les points et la géométrie, calculer la capacité nécessaire puis sélectionner des composants compatibles.

Décision finale

Charge connue
→
Stabilité maîtrisée
→
Méthode définie
→
Points validés
→
Angles maîtrisés
→
LC calculée
→
Composants compatibles
→
Installation contrôlée
→
Recontrôle en route

La bonne question n’est donc jamais simplement « quel diamètre de chaîne ? » mais « quelle configuration répond réellement aux efforts de cette charge, sur ce véhicule, avec ces points et cette géométrie ? »

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