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CORDERIE WEISS • GUIDE TECHNIQUE PROFESSIONNEL • DEPUIS 1650

 août 2026

Guide technique de l’arrimage des charges : méthodes, calculs et normes

Un chargement qui paraît immobile à l’arrêt peut glisser, basculer, rouler, se désolidariser ou s’appuyer dangereusement sur une porte dès le premier freinage, le premier virage ou la première déformation du colis. Un arrimage professionnel ne se juge donc ni au nombre de sangles visibles, ni à leur largeur, ni à une appellation commerciale en « tonnes » : il se démontre par une méthode, un calcul, des points résistants, un matériel compatible et un contrôle maintenu pendant le transport.

Ce guide Weiss rassemble dans une seule page la logique de choix, les notions LC, STF et SHF, les méthodes de blocage, d’arrimage direct et d’arrimage couvrant, les coefficients de frottement, les angles, les règles de calcul, les contrôles, les critères de réforme, les cas terrain et le parcours vers les solutions Weiss adaptées.

Il s’appuie en priorité sur les sources officielles et institutionnelles : directive 2014/47/UE, textes Légifrance, documents INRS, périmètres publiés par AFNOR, code européen de bonnes pratiques et CTU Code pour l’intermodal. Les normes complètes restent protégées et doivent être consultées dans leur édition applicable lorsqu’un calcul normatif, une certification ou un plan d’arrimage formel l’exige.

Règle Weiss : on choisit un système d’arrimage complet à partir de la charge, du véhicule, des risques et de la méthode. La capacité réelle est toujours limitée par l’élément le plus faible : textile, couture, tendeur, chaîne, crochet, point d’ancrage, calage ou structure du véhicule.

Limite assumée : ce guide ne remplace pas l’étude d’une charge atypique, instable, dangereuse ou exceptionnelle, les instructions du constructeur, la norme complète, l’ADR, un plan d’arrimage validé ni l’intervention d’une personne compétente. Il donne la méthode pour savoir quand le calcul courant suffit et quand il faut arrêter l’improvisation.

Choisir rapidement la bonne famille Weiss

Situation dominantePriorité techniqueFamille à consulter
Petits équipements, utilitaire, remorque légèreCompacité, points compatibles, LC réellement nécessaireSangles d’arrimage 25 et 35 mm
Palette, caisse, matériaux, transport routier courantLC, STF, longueur, tendeur et terminaisonsSangles d’arrimage 50 mm poids lourds
Charge lourde ou volumineuse compatible textileForte LC, assise plus large, points adaptésSangles d’arrimage 75 mm
Engin, machine, acier, charge agressiveArrimage direct, chaîne et tendeur cohérentsChaînes et tendeurs EN 12195-3
Environnement humide ou corrosifComposants inox, textile compatible, entretienArrimage inox
Transport automobileReprise de roue, fourreau et géométrie du plateauSangles porte-voiture
Déplacement interne dans fourgon ou caisseBlocage, rails, barres, arceauxArceaux, barres et rails d’arrimage
Arêtes, abrasion, pression concentrée, faible frottementCornières, passants, tapis antiglisse, calageProtections, coins, cornières et passants
Cerclage, bâchage ou maintien soupleNe pas confondre maintien et arrimage routierFeuillard, sandow et sangles rétractables

Mode d’emploi du guide

  1. Identifier les risques de mouvement de la charge.
  2. Vérifier le véhicule, la carrosserie et les points d’ancrage.
  3. Choisir la méthode de retenue avant de choisir la sangle ou la chaîne.
  4. Utiliser la LC pour la retenue directe et la STF pour l’arrimage couvrant.
  5. Mesurer les angles réels et justifier le frottement.
  6. Calculer ou utiliser un outil officiel approprié.
  7. Mettre en œuvre sans nœud, rallonge improvisée ni contact agressif.
  8. Contrôler avant départ et recontrôler dès que les conditions évoluent.

Sommaire

  1. Ce qu’un arrimage doit réellement empêcher
  2. Cadre réglementaire, normes et responsabilités
  3. Connaître la charge et le véhicule
  4. Forces à retenir pendant le transport
  5. Choisir la méthode : blocage, direct, couvrant, ressort ou combinaison
  6. LC, STF, SHF, rupture et tension double
  7. Lire l’étiquette et assurer la traçabilité
  8. Coefficient de frottement et tapis antiglisse
  9. Angles α et β
  10. Stabilité et risque de basculement
  11. Dimensionner un arrimage et documenter le calcul
  12. Choisir une sangle 25, 35, 50 ou 75 mm
  13. Choisir le tendeur et les terminaisons
  14. Quand utiliser une chaîne ou un câble d’arrimage
  15. Points d’ancrage, carrosseries L / XL et rideaux
  16. Protections contre les arêtes et l’abrasion
  17. Mise en œuvre d’une sangle à cliquet
  18. Contrôle, entretien, recontrôle et mise au rebut
  19. Cas terrain par famille de charge
  20. Erreurs fréquentes
  21. Checklist opérationnelle avant départ
  22. FAQ technique
  23. Construire un plan d’arrimage d’entreprise
  24. Formation, organisation et sécurité des opérateurs
  25. Parcours de choix et maillage Weiss
  26. Sources officielles et veille normative
  27. Conclusion professionnelle

1. Ce qu’un arrimage doit réellement empêcher

Un arrimage complet traite chaque mode de déplacement. Une charge peut être protégée contre le glissement et rester vulnérable au basculement ; une palette peut rester en place tandis que les pièces à l’intérieur se déplacent ; un engin freiné peut néanmoins pivoter sur ses suspensions ou libérer un accessoire mobile.

Forces et risques à traiter

Freinage
Effort vers l’avant
Référence courante : 0,8 × poids
Virage
Effort latéral
Référence courante : 0,5 × poids
Accélération
Effort vers l’arrière
Référence courante : 0,5 × poids
Route / vibration
Tassement et perte de tension
Recontrôle nécessaire
Désarrimage
Chute, roulement ou basculement
Contrôler avant ouverture

Chaque risque doit être traité séparément par le plan d’arrimage.

Glissement

La charge se déplace sur le plancher sous l’effet du freinage, de l’accélération ou d’un virage. Le glissement dépend de la masse, du coefficient de frottement réel, de l’état des surfaces, du calage, de la méthode et de la force utile dans la direction considérée.

Basculement

Une charge haute, étroite, dissymétrique ou présentant un centre de gravité élevé peut pivoter autour d’une arête de sa base. Une charge peut ne pas glisser et néanmoins basculer. L’ajout de sangles couvrantes ne corrige pas automatiquement une géométrie défavorable.

Roulement

Une bobine, un tube, un touret, une roue ou une machine sur roues peut rouler malgré un frottement apparemment important. Le roulement exige généralement un calage mécanique dimensionné, une immobilisation des organes roulants et une retenue adaptée.

Déplacement interne et perte de cohésion

Le filmage, le cerclage ou l’emballage assurent la cohésion du colis ; l’arrimage assure la liaison entre le colis et le véhicule. Une palette filmée peut rester extérieurement stable alors que son contenu se tasse, se déforme ou migre.

Soulèvement, rebond et desserrage

Les cahots, les suspensions, les pneumatiques, le tassement d’un colis, la flexion du plateau et les variations de température peuvent diminuer temporairement l’appui ou la tension. Un crochet ouvert mal orienté peut alors se désengager.

Chute au désarrimage

Pendant le trajet, une charge peut s’appuyer contre une porte, une ridelle, un rideau ou une sangle. Avant toute ouverture ou détente, l’opérateur doit se placer hors de la trajectoire possible et vérifier que la charge ne peut ni tomber, ni rouler, ni pivoter.

Stabilité : glissement, basculement et roulement

GLISSEMENT

Dépend de la masse, du frottement, du calage et des efforts de retenue.

Réponse : blocage, frottement justifié, retenue directe.

BASCULEMENT

Dépend du centre de gravité, de la base d’appui et de la direction des efforts.

Réponse : stabilité vérifiée, retenue adaptée, calage suffisamment haut.

ROULEMENT

Concerne roues, tubes, bobines, tourets et charges cylindriques.

Réponse : berceau ou cales fixées, retenue directe, blocage latéral.

Une charge peut ne pas glisser et néanmoins basculer ou rouler.

RisqueIndice terrainRéponse prioritaire
Glissementplancher lisse, humide, souillé, charge rigidefrottement justifié, tapis compatible, blocage, direct ou couvrant calculé
Basculementcentre de gravité haut, base étroiterepositionnement, élargissement de l’appui, calage haut, arrimage direct
Roulementcharge cylindrique ou roues libresberceau, cales fixées, immobilisation mécanique, retenue directe
Déplacement internecolis souple, filmage faible, pièces mobilesreconditionnement, cloisonnement, calage interne, reprise du colis
Chute à l’ouverturecharge contre porte ou ridelleinspection avant ouverture, zone interdite, ouverture contrôlée

Source de référence : directive 2014/47/UE, annexe III, INRS ED 6145 et Code européen de bonnes pratiques 2014.


2. Cadre réglementaire, normes et responsabilités

La conformité d’un équipement ne suffit pas à rendre un chargement conforme. La norme produit répond à la question « le dispositif est-il conçu et testé pour l’arrimage ? ». Le plan d’arrimage doit encore répondre à la question « ce dispositif, dans ce nombre, avec ces angles, ces points et ce véhicule, retient-il cette charge ? ».

2.1 Références à distinguer

RéférenceObjet principalCe qu’elle ne garantit pas à elle seule
Directive 2014/47/UE, annexe IIIprincipes européens de sécurisation et contrôle routierle calcul détaillé d’un cas particulier
EN 12195-1conception des méthodes, calcul des forces de retenue, charges stables ou basculantesla conformité des sangles ou des chaînes prises séparément
EN 12195-2prescriptions de sécurité et essais des sangles textilesle nombre de sangles nécessaire sur un chargement donné
EN 12195-3prescriptions de sécurité et essais des chaînes d’arrimagela résistance du point d’ancrage ou de la structure
EN 12195-4câbles d’arrimage en acierla compatibilité de la terminaison avec le montage réel
EN 12640exigences minimales et essais des points d’arrimagela capacité d’un point non marqué ou dégradé
EN 12642résistance des structures de carrosserie standard et renforcéesqu’une carrosserie XL dispense toujours d’arrimer
EN 12641-2rideaux latéraux utilisés dans certaines conditionsqu’un rideau ordinaire retienne une charge
ADRexigences complémentaires pour les marchandises dangereusesles cas courants hors marchandises dangereuses
CTU Code IMO/OIT/CEE-ONUbonnes pratiques de chargement des conteneurs et unités intermodalesune obligation réglementaire universelle : le code est non contraignant

2.2 Efforts minimaux du cadre européen

L’annexe III de la directive 2014/47/UE indique que la sécurisation doit résister aux accélérations suivantes :

  • 0,8 fois le poids de la charge vers l’avant ;
  • 0,5 fois le poids latéralement ;
  • 0,5 fois le poids vers l’arrière ;
  • et empêcher le basculement ou le renversement.

La charge doit également être répartie en tenant compte des masses maximales par essieu, des masses minimales nécessaires au comportement routier et de la résistance des éléments utilisés : tablier, parois, portes, ranchers, points d’arrimage et structure.

2.3 Droit français : règles à articuler

Code de la route. L’article R. 312-19 impose que les chargements débordants ou susceptibles de déborder du fait des oscillations soient solidement amarrés ; les chaînes, bâches et accessoires mobiles doivent rester fixés et ne pas traîner au sol.

Code du travail. Les opérations de chargement et de déchargement réalisées par une entreprise extérieure font l’objet d’un protocole de sécurité écrit. Il doit intégrer les risques, les mesures de prévention, les caractéristiques du véhicule, la nature et le conditionnement des marchandises et les précautions particulières.

Contrats de transport. La répartition matérielle et juridique des opérations varie avec le contrat type, la masse de l’envoi, la nature du transport et les conventions entre les parties. Pour de nombreux envois de trois tonnes ou plus, le chargement, le calage et l’arrimage incombent au donneur d’ordre ou à son représentant, tandis que le transporteur fournit les informations utiles à la répartition et doit refuser un chargement qui compromet la sécurité. Il est donc faux d’affirmer que le conducteur est toujours l’unique responsable.

ActeurInformations ou actions attendues
Donneur d’ordre / expéditeurmasse, dimensions, centre de gravité, nature de la charge, fragilité, points intégrés, consignes particulières
Chargeurrépartition, calage, arrimage selon le contrat applicable, contrôle de la cohésion du colis
Transporteurvéhicule compatible, informations sur essieux et points, vérification de la sécurité apparente, refus ou demande de reprise si nécessaire
Conducteurrespect des instructions, contrôle avant départ, conduite adaptée, recontrôle en route et signalement des anomalies
Employeurformation, matériel en état, procédures, suivi des équipements, organisation sûre des opérations
Destinatairepréparation du déchargement, ouverture contrôlée, traitement du risque de charge déplacée

2.4 Attention aux véhicules de 3,5 t ou moins

Le résumé officiel AFNOR de la NF EN 12195-1 précise que son domaine d’application ne couvre pas les véhicules dont le poids total est inférieur ou égal à 3 500 kg et signale que les véhicules légers peuvent produire des accélérations routières plus élevées.

VUL et véhicules de 3,5 t ou moins

Point critique : le domaine publié de la NF EN 12195-1 ne couvre pas directement les véhicules dont la masse maximale autorisée est de 3,5 t ou moins. Les accélérations possibles peuvent être supérieures à celles retenues pour les véhicules lourds.
↓
1. Vérifier
Instructions du constructeur, points d’ancrage, cloison, plancher, charge utile et essieux.
2. Ne pas transposer
Ne pas appliquer automatiquement un calcul poids lourd à un fourgon ou à une petite remorque.
3. Dimensionner
Utiliser une méthode adaptée au véhicule réel et aux accélérations pertinentes.
4. Faire valider
Pour un transport répétitif, atypique ou sensible : plan documenté par une personne compétente.

La petite taille du véhicule ne réduit pas automatiquement les efforts subis par la charge.

Pour un fourgon, une camionnette, une remorque légère ou un véhicule de service :

  • ne pas transposer mécaniquement un tableau poids lourd ;
  • obtenir la résistance des points et de l’aménagement ;
  • tenir compte des instructions du constructeur ;
  • traiter séparément les tiroirs, étagères, bouteilles, machines et charges roulantes ;
  • faire valider les configurations répétitives ou atypiques.

2.5 Versions normatives et veille

Les normes évoluent. AFNOR indique notamment des travaux de révision pour certaines parties de la série EN 12195. Avant une certification, un cahier des charges contractuel ou une procédure d’entreprise, vérifier l’édition en vigueur et les éventuels amendements. Le présent guide donne une synthèse métier, sans reproduire le texte protégé des normes.

Sources officielles : Directive 2014/47/UE, article R. 312-19 du Code de la route, articles R. 4515-1 à R. 4515-11 du Code du travail, NF EN 12195-1 – AFNOR, NF EN 12195-2 – AFNOR.


3. Connaître la charge et le véhicule avant de choisir une sangle

Aucun choix sérieux ne commence par « il me faut une sangle de 50 mm ». Il commence par une fiche de charge et une fiche véhicule. Une donnée inconnue ne doit pas être remplacée par une impression visuelle lorsque cette donnée influence le calcul.

3.1 Données nécessaires sur la charge

DonnéeUtilité dans la décisionPreuve acceptable
Masse réelleforces d’inertie et répartition par essieuplaque, document fournisseur, pesée
Dimensionsencombrement, angles, surfaces d’appuiplan, mesure
Centre de gravitébasculement, orientation, stabilitéplan constructeur, repère, étude
Formeglissement, roulement, calageobservation et plan
Nature des surfacescoefficient de frottementidentification des deux surfaces et état réel
Conditionnementcohésion du colis et résistance à la compressionfiche emballage, essais, observation
Fragilitélimite de STF et pression sous cornièresconsigne fabricant / chargeur
Points intégréspossibilité d’arrimage directmarquage ou documentation constructeur
Éléments mobilesrisque interne ou énergie résiduelleprocédure de verrouillage
Environnementcorrosion, humidité, température, chimieconditions de transport et compatibilité matière

3.2 Données nécessaires sur le véhicule

  • charge utile disponible et PTRA/PTAC applicables ;
  • répartition admissible sur les essieux ;
  • résistance et état du plancher ;
  • dimensions utiles et accès ;
  • type de carrosserie et certification éventuelle ;
  • résistance, nombre et orientation des points d’arrimage ;
  • compatibilité des rails, barres, ranchers et dispositifs de blocage ;
  • obstacles au passage des sangles ;
  • zones sûres pour manœuvrer les tendeurs ;
  • instructions du constructeur et limites de l’aménagement.

3.3 Masse inconnue : ordre de grandeur uniquement

Pour une matière homogène, une estimation peut être calculée :

masse = volume × masse volumique

Cette estimation n’est pas suffisante si l’incertitude peut modifier le nombre ou la capacité des dispositifs, la charge par essieu, le risque de basculement ou le choix du véhicule. Dans ce cas, la pesée ou une donnée documentée est nécessaire.

3.4 Charge composite

Une machine avec accessoires, une palette de pièces, un touret avec support, un engin avec godet ou un ensemble mécano-soudé ne doivent pas être traités comme un bloc homogène sans vérification. Identifier :

  • les sous-ensembles mobiles ;
  • les liaisons temporaires ;
  • les éléments pouvant se détacher ;
  • les fluides et masses variables ;
  • les suspensions ou articulations ;
  • les zones interdites à la compression ;
  • les points réellement prévus pour l’arrimage.

Décision Weiss : en l’absence de masse, de centre de gravité ou de points identifiés sur une charge lourde ou atypique, suspendre le choix du matériel et demander les données manquantes.


4. Forces à retenir pendant le transport

Pour le transport routier dans le périmètre du cadre européen, la sécurisation doit au minimum résister aux efforts de référence suivants :

DirectionCoefficient de référenceExemple pour 4 000 kg
Vers l’avant0,8 × le poidsenviron 3 200 daN
Vers l’arrière0,5 × le poidsenviron 2 000 daN
Latéralement0,5 × le poidsenviron 2 000 daN

En pratique, pour comprendre l’ordre de grandeur :

effort d’inertie ≈ coefficient d’accélération × masse, exprimé approximativement en daN lorsque la masse est en kg.

Cette écriture ne donne pas directement le nombre de sangles. Il faut ensuite déduire ou intégrer ce que reprennent réellement :

  • le frottement entre la charge et son support ;
  • le blocage ou la carrosserie lorsqu’ils sont documentés ;
  • les dispositifs directs dans leur direction utile ;
  • les sangles couvrantes via leur STF et leur angle ;
  • les cales, berceaux et ranchers ;
  • la stabilité au basculement ;
  • les points d’ancrage et la structure.

Efforts de référence et risques

VERS L’AVANT
0,8 P

Freinage — effort généralement dimensionnant

VERS L’ARRIÈRE
0,5 P

Accélération, pente, choc longitudinal

LATÉRALEMENT
0,5 P

Virage, évitement, dévers

Valeurs de référence usuelles pour le transport routier concerné ; elles ne donnent pas directement le nombre de dispositifs.

Les efforts ne se répartissent pas automatiquement

Quatre sangles identiques ne reprennent pas nécessairement chacune un quart de l’effort. La répartition dépend :

  • de la géométrie ;
  • des jeux ;
  • de l’élasticité des dispositifs ;
  • de la position du centre de gravité ;
  • de la tension initiale ;
  • de l’ordre de mise en tension ;
  • de la rigidité du véhicule et de la charge.

Un montage dissymétrique ou un point plus souple peut concentrer l’effort. Les capacités ne s’additionnent que dans une méthode de calcul qui décrit réellement le partage des efforts.

Source : annexe III de la directive 2014/47/UE et INRS ED 6145.


5. Choisir la méthode : blocage, direct, couvrant, ressort ou combinaison

Le choix du dispositif vient après le choix de la méthode. Une sangle textile, une chaîne, une barre ou une carrosserie ne sont pas interchangeables.

Méthodes d’arrimage

BLOCAGE / CALAGE
La structure ou le calage reprend l’effort. Vérifier résistance, jeu, hauteur et fixation.
Valeur clé
Résistance documentée
Cas typiques
Palettes, caisses, tubes, charges contre tablier ou berceau.
ARRIMAGE DIRECT
Le dispositif relie la charge au véhicule et reprend directement une composante de l’effort.
Valeur clé
LC + angles α et β
Cas typiques
Engins, machines, véhicules, charges métalliques ou non compressibles.
ARRIMAGE COUVRANT
La précontrainte plaque la charge et augmente le frottement.
Valeur clé
STF + μ + angle α
Cas typiques
Palettes, caisses et matériaux stables supportant la compression.
EFFET RESSORT
La retenue entoure la charge lorsque celle-ci ne possède pas de points directs adaptés.
Valeur clé
LC + géométrie réelle
Cas typiques
Charges cylindriques ou irrégulières avec montage calculé.
MÉTHODE COMBINÉE
Blocage, antiglisse, direct et couvrant sont combinés sans double comptage arbitraire.
Valeur clé
Contribution justifiée de chaque élément
Cas typiques
Chargements complexes et transports répétitifs documentés.

La méthode se choisit avant le matériel.

5.1 Blocage et calage

Le blocage transfère les efforts de la charge vers une structure résistante : tablier, paroi certifiée, cale fixée, berceau, rancher, traverse, cadre ou barre de blocage.

Le blocage est efficace seulement si :

  • la structure possède une résistance connue dans la direction utile ;
  • l’espace résiduel est compatible avec la méthode ;
  • les cales ne peuvent ni glisser, ni se renverser, ni être cisaillées ;
  • la hauteur de retenue traite le risque de basculement ;
  • la charge ne peut ni rouler, ni se soulever au-dessus du calage ;
  • la reprise d’effort ne détériore pas la charge ou le véhicule.

Pour aménager un fourgon, une caisse ou une remorque, consulter les arceaux, barres et rails Weiss.

5.2 Arrimage direct

Le dispositif relie la charge à un point du véhicule et reprend directement une composante de l’effort. La valeur centrale est la LC, projetée selon les angles α et β.

Applications typiques : engins, machines, véhicules, charges métalliques, équipements avec points identifiés, charges à faible frottement ou charges ne supportant pas une forte compression.

À contrôler :

  • points de la charge et du véhicule ;
  • orientation des dispositifs ;
  • angles verticaux et horizontaux ;
  • compatibilité des crochets ;
  • répartition justifiée ;
  • pré-tension suffisante pour supprimer les jeux sans surcharger ;
  • absence d’arête agressive ;
  • impossibilité de décrochage en cas de détente momentanée.

5.3 Arrimage couvrant ou par frottement

La sangle passe au-dessus de la charge et augmente la force d’appui sur le plancher. La valeur centrale est la STF, pas la LC.

Paramètres principaux :

  • STF réelle de chaque système ;
  • coefficient de frottement μ ;
  • angle vertical α ;
  • masse ;
  • nombre de sangles ;
  • tassement et déformation ;
  • transmission de tension autour des arêtes ;
  • stabilité au basculement.

Une forte LC n’implique pas une forte STF. Pour une charge rigide arrimée par couvrissement, une sangle à STF élevée peut être plus efficace qu’une sangle de LC supérieure mais faiblement tendue. À l’inverse, une forte STF peut écraser une caisse, déformer une palette ou provoquer un tassement suivi d’une perte de tension.

Pour le transport courant, comparer les sangles 50 mm Weiss, notamment la Powertruck STF 800 daN lorsque le calcul justifie une forte précontrainte.

5.4 Arrimage à effet ressort

Une boucle ou un dispositif ceinture la charge et crée une retenue directe lorsque les points intégrés sont absents. Cette méthode exige une géométrie maîtrisée, des protections et un calcul de retenue directe. Elle ne doit pas être confondue avec un simple passage de sangle autour de la charge.

5.5 Méthode combinée

La solution la plus robuste combine souvent : plancher propre, tapis antiglisse, blocage avant, calage latéral, retenue directe, couvrissement, chaînes, rails ou barres.

Chaque élément doit reprendre un effort identifiable. On ne cumule jamais arbitrairement les capacités inscrites.

SituationMéthode souvent prioritairePourquoi
Palette rigide sur plateau proprecouvrant + tapis + blocageaugmenter le frottement et limiter le nombre de dispositifs
Machine avec points constructeurdirect + calagereprendre les efforts sans comprimer les carters
Bobine ou tubeberceau + calage + direct / ressortempêcher le roulement avant de compter sur le frottement
Charge haute et étroitedirect, calage haut, repositionnementtraiter le basculement
Pièces dans fourgonbarres / rails + sangles compacteslimiter le déplacement interne et organiser les zones
Acier agressifchaîne ou textile fortement protégééviter la coupure et reprendre les fortes inerties

6. LC, STF, SHF, rupture et tension double

LC, STF, SHF et résistance à la rupture

LC
Capacité d’arrimage
Utilisée surtout en retenue directe.
Ce n’est ni un poids transportable ni une CMU.
STF
Force de tension normalisée
Utilisée surtout en arrimage couvrant pour augmenter le frottement.
SHF
Effort manuel normalisé
Effort appliqué à la poignée ; aucune rallonge improvisée.
RUPTURE
Essai destructif
Ne constitue jamais une capacité d’utilisation.

Une forte LC n’implique pas une forte STF ; chaque valeur répond à une fonction différente.

LC – Lashing Capacity

La LC est la capacité d’arrimage du système dans la configuration prévue. Elle sert principalement à dimensionner un arrimage direct.

La LC ne représente pas :

  • la masse maximale transportable ;
  • une capacité de levage ;
  • la résistance du point d’ancrage ;
  • la résistance à la rupture ;
  • la force entièrement disponible dans n’importe quelle direction.

STF – Standard Tension Force

La STF est la force de tension résiduelle obtenue dans le système après actionnement normalisé du tendeur. Elle sert principalement au calcul de l’arrimage couvrant.

Une STF élevée :

  • augmente l’appui et donc le frottement ;
  • peut réduire le nombre de sangles après calcul ;
  • augmente la pression sur la charge ;
  • peut accentuer le tassement ou la déformation ;
  • exige une transmission correcte de la tension d’un côté à l’autre.

SHF – Standard Hand Force

La SHF est l’effort manuel de référence appliqué à la poignée. Pour les systèmes courants, la valeur inscrite est fréquemment 50 daN. La valeur à retenir reste celle de l’étiquette.

Il est interdit de dépasser le fonctionnement prévu au moyen :

  • d’un tube ;
  • d’une barre ;
  • d’une rallonge ;
  • du pied ou du poids du corps ;
  • d’un levier improvisé ;
  • d’à-coups violents.

Si la STF est insuffisante, choisir un autre tendeur, une autre méthode ou améliorer le frottement et le calage.

Résistance à la rupture

La rupture est une valeur d’essai destructif. Elle ne constitue pas une capacité d’utilisation. Une appellation commerciale « 6 tonnes » ou « 7,5 tonnes » peut désigner la résistance du textile non cousu : le professionnel doit lire la LC et la STF du système complet.

Tension double : ne pas doubler par réflexe

La présence de deux brins visibles ne suffit pas pour doubler la LC. Une valeur en boucle ou en configuration double n’est applicable que si :

  • le produit l’autorise explicitement ;
  • la géométrie correspond à la configuration déclarée ;
  • les deux brins partagent réellement l’effort ;
  • le renvoi ne réduit pas la capacité ou ne crée pas d’arête ;
  • les points et accessoires sont compatibles ;
  • le calcul traite cette configuration.

Tableau de décision

QuestionValeur à lireErreur à éviter
Le dispositif retient directement la charge ?LCutiliser la STF comme capacité directe
La sangle plaque la charge sur le plancher ?STFchoisir d’après la seule LC
L’opérateur actionne le tendeur ?SHFutiliser une rallonge
L’étiquette affiche une valeur « rupture » ?valeur d’essail’assimiler à une charge admissible
Deux brins travaillent ?configuration déclaréedoubler automatiquement la LC

Interdiction absolue : une sangle ou une chaîne d’arrimage n’est pas un accessoire de levage.


7. Lire l’étiquette et assurer la traçabilité

Une sangle sans identification exploitable ne permet plus de vérifier ses capacités. Elle doit être mise à l’écart.

Lecture d’une étiquette de sangle

1. LC
Capacité d’arrimage et configuration autorisée
2. STF / SHF
Valeurs nécessaires à l’arrimage couvrant et au fonctionnement normalisé
3. Matière
Polyester, polyamide ou polypropylène selon marquage
4. Longueur
Longueur totale ou des parties selon produit
5. Norme
Référence à l’EN 12195-2 pour une sangle routière conforme
6. Traçabilité
Fabricant, référence, lot ou données d’identification
7. Interdiction
La mention « ne pas utiliser pour le levage » doit être respectée

Étiquette absente ou illisible : retrait du service.

L’étiquette doit permettre de retrouver, selon le type de système :

  • la LC ;
  • la STF lorsqu’elle est applicable ;
  • la SHF ;
  • la matière textile ;
  • la longueur ;
  • la référence à l’EN 12195-2 ;
  • le fabricant ou fournisseur ;
  • un élément de traçabilité ;
  • l’interdiction de levage.

Couleur de l’étiquette

La couleur peut aider à identifier la famille de matière, mais elle ne remplace jamais la lecture des données. La couleur du textile ne donne ni la LC, ni la STF, ni la longueur, ni la compatibilité chimique.

Système en deux parties

Vérifier que les deux parties appartiennent au même système ou sont explicitement compatibles : largeur, matière, LC, tendeur, coutures et accessoires. L’association improvisée de deux éléments de provenances ou capacités inconnues rend la capacité du système indémontrable.

Traçabilité d’entreprise

Pour les usages intensifs ou répétitifs, enregistrer au minimum :

  • identification du matériel ;
  • date de mise en service ;
  • famille et capacité ;
  • affectation éventuelle à un véhicule ;
  • contrôles périodiques ;
  • anomalies et mise au rebut ;
  • exposition chimique ou thermique exceptionnelle.

Règle : étiquette absente, arrachée, illisible ou incohérente = retrait du service d’arrimage.


8. Coefficient de frottement et tapis antiglisse

La force de frottement s’oppose au glissement et dépend du coefficient μ entre les deux surfaces réellement en contact.

force de frottement ≈ μ × poids

Valeurs indicatives reprises par l’INRS

Ces valeurs ne sont utilisables que pour des surfaces propres, sèches, exemptes d’huile, de graisse et de givre.

Contactμ indicatif
Bois scié sur contreplaqué / revêtement bakélisé0,45
Bois scié sur aluminium rainuré0,40
Bois raboté sur contreplaqué / revêtement bakélisé0,30
Bois raboté sur aluminium rainuré0,25
Bois raboté sur inox0,20
Palette plastique sur contreplaqué0,20
Palette plastique sur aluminium rainuré0,15
Acier ou métal sur contreplaqué0,45
Acier ou métal sur aluminium rainuré0,30
Acier ou métal sur inox0,20
Tapis antiglisse en caoutchouc adapté0,60
Autre tapis antiglissevaleur certifiée par son fabricant

La pluie, la boue, la poussière, le film plastique, le givre, l’huile, les copeaux, la sciure libre et les matériaux intermédiaires peuvent réduire fortement le frottement. Une valeur favorable ne doit jamais être retenue si l’état réel n’est pas maîtrisé.

Exemple officiel d’influence du frottement

Pour une charge stable de 4 000 kg, des sangles STF 500 daN et un angle α de 45°, l’abaque INRS donne :

μNombre de sangles
0,2021
0,3012
0,407
0,505
0,603

Influence du frottement, de la STF et de l’angle

Frottement μ
Plus μ est élevé et justifié, moins l’effort résiduel à reprendre est important.
Précontrainte STF
Plus la STF est élevée, plus le plaquage augmente — sous réserve que la charge supporte la pression.
Angle α
Un angle proche de la verticale favorise le plaquage ; un angle trop faible réduit l’efficacité.

Ces trois paramètres agissent ensemble ; aucun ne doit être supposé.

Cet exemple ne doit pas être transposé sans recalcul. Il démontre que la qualité du contact peut modifier le résultat davantage que l’ajout improvisé de sangles.

Mettre en œuvre un tapis antiglisse

Un tapis efficace doit :

  • posséder une valeur certifiée ou documentée ;
  • être compatible avec la pression exercée ;
  • rester continu sous les zones d’appui nécessaires ;
  • être propre et non contaminé ;
  • ne pas être écrasé au-delà de sa limite ;
  • ne pas créer d’instabilité ou de point de bascule ;
  • rester en place pendant le chargement et le transport.

Consulter les protections et tapis antiglisse Weiss.

Source : tableaux de l’INRS ED 6145. Les valeurs du fabricant ou du plan d’arrimage prévalent lorsqu’elles sont plus défavorables ou plus spécifiques.


9. Angles α et β

Angle vertical α

L’angle α est l’angle entre le dispositif et le plan du plateau.

En arrimage couvrant :

  • un angle proche de la verticale favorise le plaquage ;
  • une sangle trop horizontale réduit fortement l’efficacité ;
  • l’angle doit être mesuré sur le véhicule chargé, pas estimé sur un schéma générique.

Angle horizontal β

L’angle β décrit l’orientation horizontale du dispositif par rapport à l’axe du véhicule ou à la direction de retenue.

En arrimage direct, une sangle peut afficher une LC élevée mais fournir peu d’effort utile si elle est presque perpendiculaire à la direction à retenir.

Projection des efforts

Le calcul ne retient que la composante de la force orientée dans la direction utile. Plus un dispositif s’écarte de cette direction, plus sa capacité projetée diminue.

Points de vigilance

  • mesurer α et β sur le montage réel ;
  • éviter les changements de direction parasites ;
  • vérifier que la sangle transmet sa tension autour de la charge ;
  • maintenir le crochet dans son axe ;
  • ne pas laisser le dispositif frotter contre un bord ;
  • ne pas appliquer un tableau dont la géométrie diffère du montage.

Frottement et angles

Force de frottement ≈ μ × poids
μ doit correspondre aux surfaces réelles, propres et dans l’état constaté.
↓
α élevé
Sangle plus verticale : meilleur plaquage en arrimage couvrant.
α faible
Sangle trop horizontale : forte perte d’efficacité de plaquage.
β adapté
En direct, la sangle doit être orientée vers la direction d’effort à retenir.

Mesurer les angles sur le montage chargé, pas sur un schéma théorique.

Conseil terrain : photographier un montage répétitif avec les points de mesure et conserver les valeurs dans le plan d’arrimage.


10. Stabilité et risque de basculement

Une charge doit résister au glissement et au basculement dans chaque direction. Le basculement se raisonne par comparaison des moments : l’effort d’inertie agit au niveau du centre de gravité et tente de faire pivoter la charge ; le poids, le calage et l’arrimage créent le moment stabilisant.

Le risque augmente lorsque :

  • le centre de gravité est haut ;
  • la base d’appui est étroite ;
  • la masse est décentrée ;
  • la charge est souple ou déformable ;
  • des éléments internes peuvent bouger ;
  • la charge repose sur peu de points ;
  • l’effort est repris au-dessus de la base ;
  • le calage est trop bas ;
  • la mise en tension elle-même fait pivoter la charge.

Questions obligatoires

  1. Où se situe le centre de gravité ?
  2. Quelle est la largeur de la base d’appui dans chaque direction ?
  3. La charge peut-elle se déformer ou se tasser ?
  4. Le contenu peut-il migrer ?
  5. Les organes mobiles sont-ils verrouillés ?
  6. Le désarrimage peut-il libérer une énergie ou un appui ?
  7. Le chargement reste-t-il stable après un déchargement partiel ?

Réponses techniques possibles

  • abaisser le centre de gravité ;
  • élargir ou allonger la base d’appui ;
  • orienter différemment la charge ;
  • utiliser un berceau ou un cadre ;
  • caler plus haut sans fragiliser la charge ;
  • utiliser une retenue directe ;
  • répartir les dispositifs de part et d’autre du centre de gravité ;
  • empêcher la migration interne.

Une charge instable exige un plan spécifique. Ajouter des sangles couvrantes sans traiter la géométrie peut même augmenter le risque pendant la tension.


11. Dimensionner un arrimage et documenter le calcul

Il n’existe pas de règle universelle « une sangle par tonne ». Le nombre de dispositifs dépend de la méthode, de la masse, du frottement, des angles, de la LC ou de la STF, du calage, des points et de la stabilité.

Méthode Weiss en dix étapes

1Identifier la charge
2Vérifier le véhicule
3Lister les risques
4Justifier le frottement
5Choisir la méthode
6Mesurer les angles
7Vérifier LC, STF, points et accessoires
8Calculer
9Mettre en œuvre et contrôler
10Documenter et recontrôler

Si une étape ne peut pas être justifiée, le choix du matériel est prématuré.

Étape 1 – Identifier la charge

Masse, dimensions, centre de gravité, forme, conditionnement, fragilité, mobilité interne et points intégrés.

Étape 2 – Vérifier le véhicule

Charge utile, essieux, plancher, carrosserie, points, accès, aménagement et état général.

Étape 3 – Lister les risques

Glissement avant, arrière et latéral ; basculement ; roulement ; soulèvement ; chute au déchargement.

Étape 4 – Justifier le frottement

Identifier précisément les deux surfaces et leur état. Retenir une valeur prudente, documentée et compatible avec la réalité.

Étape 5 – Choisir la méthode

Blocage, direct, couvrant, effet ressort ou combinaison.

Étape 6 – Mesurer les angles

Mesurer α et β sur le montage réel, avec la charge dans sa position de transport.

Étape 7 – Vérifier toutes les capacités

LC, STF, tendeurs, chaînes, crochets, points, structure, calage, protections et éventuelle carrosserie.

Étape 8 – Calculer

Utiliser la méthode applicable et arrondir le résultat au nombre entier supérieur. Les cas complexes, instables, dangereux ou répétitifs nécessitent un plan documenté.

Étape 9 – Mettre en œuvre

Respecter le plan, la position des points, l’ordre de tension, les protections, les zones interdites et la fermeture des tendeurs.

Étape 10 – Contrôler et recontrôler

Vérifier avant départ, après les premiers kilomètres et après tout événement susceptible de modifier le chargement.

Logique du calcul d’un arrimage couvrant

Sans reproduire la norme, le nombre de sangles augmente lorsque :

  • l’effort longitudinal ou latéral augmente ;
  • le coefficient de frottement diminue ;
  • la STF diminue ;
  • l’angle α devient défavorable ;
  • la masse augmente.

Le calcul met en balance l’effort restant après frottement et le frottement supplémentaire généré par la précontrainte. Il intègre également les coefficients de sécurité et de transport de la méthode applicable. Pour un calcul opérationnel, utiliser la norme complète, les abaques INRS adaptés ou l’outil INRS d’aide au calcul de l’arrimage.

Exemple officiel : arrimage couvrant

Charge stable :

  • masse : 4 000 kg ;
  • STF : 500 daN ;
  • α : 45° ;
  • μ : 0,30.

L’abaque INRS conduit à 12 sangles. Avec μ = 0,60, le même abaque conduit à 3 sangles. Cela ne signifie pas que trois sangles suffisent toujours avec un tapis : le contact, la stabilité, la continuité du tapis, le calage et le risque de basculement doivent encore être validés.

Exemple officiel : arrimage direct

Dans l’exemple INRS d’une machine de 18 tonnes, avec quatre dispositifs, α = 40°, β = 25° et μ = 0,20, chacun des quatre dispositifs doit présenter une LC minimale de 11 216 daN.

Cet exemple démontre qu’il est faux de diviser simplement la masse par le nombre de sangles ou chaînes.

Dossier minimal de calcul

Élément à archiverContenu
Identificationcharge, référence, version du plan, date
Données de chargemasse, dimensions, centre de gravité, points
Données véhiculeplateau, essieux, points, carrosserie
Méthodeblocage, direct, couvrant, combinaison
Hypothèsesμ, angles, coefficients, comportement du colis
MatérielLC, STF, longueurs, terminaisons, protections
Résultatnombre, position et orientation des dispositifs
Mise en œuvreordre de pose, tension, contrôles, recontrôles
Validationnom / fonction de la personne compétente

Quand arrêter le calcul courant

Faire intervenir une personne compétente pour :

  • charge instable ou centre de gravité inconnu ;
  • transport exceptionnel ;
  • machine sans points identifiés ;
  • répartition complexe sur essieux ;
  • combinaison de modes de transport ;
  • marchandise dangereuse ;
  • carrosserie ou points non documentés ;
  • charge fragile ne supportant pas la tension ;
  • montage répétitif à standardiser pour plusieurs opérateurs.

Sources : INRS ED 6145, outil INRS n° 40 et NF EN 12195-1 – périmètre AFNOR.


12. Choisir une sangle 25, 35, 50 ou 75 mm

Tableau de choix synthétique

LargeurLogique de sélectionUsages fréquentsLimites à vérifier
25 mmformat compact, LC modérée, points de petite sectionpetits matériels, moto, remorque légère, tournéesVUL, points faibles, crochets ouverts, STF parfois faible
35 mmcompromis entre compacité et assiseutilitaire, événementiel, artisan, charges intermédiairesne pas supposer une capacité d’après la largeur
50 mmfamille principale du transport routierpalettes, matériaux, machines, plateauxchoisir entre LC, STF, tendeur standard ou forte précontrainte
75 mmforte LC et grande surface textilecharges lourdes ou volumineuses compatibles textilepoids, ergonomie, rayon sur arêtes, pertinence face à une chaîne

La largeur augmente la surface d’appui et accompagne souvent une capacité supérieure, mais elle ne donne jamais à elle seule la LC, la STF ou la compatibilité des terminaisons.

Arbre de choix du matériel

Charge légère / équipement compact
25 ou 35 mm
Choisir selon LC, longueur, tendeur et point d’accrochage.
Transport routier courant / palette / caisse
50 mm
Famille centrale ; arbitrer LC, STF, tendeur et terminaisons.
Charge lourde compatible textile
75 mm
Vérifier points, géométrie et possibilité d’une solution directe plus adaptée.
Engin / acier / charge agressive
Chaîne EN 12195-3
Ensemble cohérent : chaîne, tendeur, crochets, raccourcisseurs et points.
Humidité / corrosion
Arrimage inox
L’inox réduit le risque de corrosion mais ne change ni la LC ni les limites du textile.
Transport automobile
Sangles porte-voiture
Reprise de roue, géométrie du plateau et protections adaptées.

La largeur oriente la gamme ; la LC, la STF, la méthode et les points déterminent le produit.

La largeur oriente le choix, mais ne remplace pas la lecture de la LC, de la STF et des terminaisons.

Sangles 25 mm

Pour :

  • petits équipements ;
  • bagages professionnels ;
  • galeries ;
  • motos ;
  • remorques légères ;
  • interventions rapides.

Produits Weiss :

Sangles 35 mm

Pour :

  • utilitaires ;
  • remorques ;
  • matériels intermédiaires ;
  • collectivités ;
  • artisans ;
  • équipements professionnels ;
  • charges sensibles nécessitant une boucle à came.

Produit Weiss :

Sangles 50 mm

Le 50 mm est la famille centrale du transport professionnel et poids lourd.

Pour :

  • palettes ;
  • matériaux ;
  • machines ;
  • caisses ;
  • plateaux ;
  • semi-remorques ;
  • charges industrielles ;
  • BTP ;
  • transport régulier.

Produits Weiss :

Sangles 75 mm

Pour :

  • charges lourdes ou volumineuses ;
  • transport spécialisé ;
  • forte LC ;
  • grande surface d’appui ;
  • machines et structures importantes.

Produits Weiss :

  • Sangle 75 mm LC 3 500 daN à crochets rapprochés
  • Sangle 75 mm LC 5 000 daN à crochets écartés
  • Toute la gamme 75 mm

La largeur 75 mm ne doit pas être utilisée automatiquement dès qu’une charge est lourde. Une chaîne, un blocage ou un arrimage direct mieux orienté peut être plus adapté.


13. Choisir le tendeur et les terminaisons

Le tendeur détermine la précontrainte, l’ergonomie et la manière de libérer l’énergie. La terminaison détermine la compatibilité avec le point. Aucun crochet n’est « universel ».

TendeurIntérêt principalPoint de vigilance
Standardpolyvalence, parc courantvérifier la STF réelle
Inversémouvement vers le bas, ergonomie selon positionespace nécessaire sous la poignée
Démultipliéforte STF avec effort maîtrisépression élevée sur la charge
Récupérateur de tensiongestion de longueur ou technologie de reprisene dispense jamais du recontrôle
Détente progressivelibération de l’énergie par étapesvérifier la stabilité avant ouverture

Tendeur standard

Solution polyvalente pour l’arrimage courant. Vérifier la STF réelle du modèle.

Tendeur inversé

La tension s’obtient par un mouvement vers le bas. Il peut améliorer l’ergonomie lorsque le positionnement est adapté.

Tension démultipliée

Le mécanisme augmente la précontrainte avec un effort manuel maîtrisé. Il est utile en arrimage par frottement, sous réserve que la charge supporte la pression.

Récupérateur de tension

Il facilite la gestion de la longueur ou le maintien de tension selon la technologie du produit. Il ne dispense pas du contrôle en route.

Détente progressive

Elle permet de relâcher l’énergie par étapes. Elle ne garantit pas que la charge soit restée stable. Avant desserrage, contrôler la position du chargement.

Crochets doigts rapprochés

Adaptés aux points compacts si les deux doigts s’engagent complètement et portent au fond.

Crochets doigts écartés

Adaptés à certains points plus ouverts. La portée et l’axe de traction doivent rester corrects.

Crochets à linguet

Le linguet limite le risque de sortie involontaire lorsque le crochet est correctement engagé. Il ne compense pas un point incompatible.

Crochet doigt unique

À utiliser uniquement sur un point dont la géométrie permet une portée complète et un travail dans l’axe.

Crochet plat, anneau delta, anneau triangulaire ou boucle cousue

Ces terminaisons répondent à des points ou montages spécifiques. Elles évitent d’imposer un crochet inadapté.

Compatibilité des points d’ancrage et crochets

Doigts rapprochés
Points compacts : les deux doigts doivent s’engager complètement et porter au fond.
Doigts écartés
Points plus ouverts : vérifier la portée, l’espace et l’axe de traction.
Crochet à linguet
Le linguet limite la sortie involontaire mais ne corrige pas un point incompatible.
Doigt unique
Uniquement sur un point permettant une portée complète dans l’axe.
Anneau / delta / boucle cousue
Pour montage spécifique, sans imposer un crochet mal adapté.
Interdits
Accrochage par la pointe, sur tôle, arête, point non identifié ou pièce déformée.

Le crochet et le point doivent rester compatibles pendant toute la variation d’angle et de tension.


14. Quand utiliser une chaîne ou un câble d’arrimage

La chaîne est adaptée aux charges :

  • lourdes ;
  • rigides ;
  • métalliques ;
  • agressives ;
  • munies de points identifiés ;
  • transportées sur porte-engins ou plateau ;
  • soumises à des contraintes importantes.

Un ensemble chaîne doit être cohérent :

  • diamètre ;
  • LC ;
  • tendeur ;
  • crochets ;
  • raccourcisseurs ;
  • points d’ancrage ;
  • angles ;
  • longueur.

Produits Weiss :

Câbles d’arrimage en acier

Les câbles d’arrimage relèvent de l’EN 12195-4. Ils exigent une inspection spécifique des torons, terminaisons, écrasements, corrosion, plis et compatibilité des accessoires. Ils ne doivent pas être assimilés à une élingue câble de levage.

Interdictions et contrôles

Ne jamais :

  • utiliser une chaîne ou un câble d’arrimage comme accessoire de levage ;
  • mélanger des diamètres ou capacités sans validation ;
  • raccourcir par nœud ou torsion ;
  • accrocher sur un maillon inadapté ;
  • utiliser une chaîne allongée, fissurée ou fortement usée.

15. Points d’ancrage, carrosseries L / XL et rideaux

Une sangle LC 2 500 daN n’augmente pas la résistance d’un point prévu pour un effort inférieur. La chaîne de résistance va de la charge jusqu’au châssis.

Carrosseries et points d’arrimage

POINT D’ANCRAGE
Résistance documentée dans la direction réelle, fixation saine, absence de fissure, corrosion et déformation.
CARROSSERIE CODE L
Ne pas supposer une retenue intégrale. Les rideaux et parois ne remplacent pas automatiquement l’arrimage.
CARROSSERIE CODE XL
Peut contribuer si certification, état, répartition, espaces et conditions d’utilisation sont respectés.

Une sangle forte n’augmente jamais la résistance d’un point faible.

Contrôler le point

  • marquage ou documentation ;
  • résistance dans la direction réelle ;
  • fixation au châssis ou à la structure ;
  • absence de corrosion ;
  • absence de fissure ;
  • absence de déformation ;
  • compatibilité avec le crochet ;
  • espace suffisant ;
  • absence d’arête.

Carrosserie Code L

Une carrosserie standard ne doit pas être supposée capable de retenir intégralement la charge. Les rideaux ne remplacent pas un arrimage.

Carrosserie Code XL

Une carrosserie XL peut contribuer à la retenue sous certaines conditions :

  • certification identifiable ;
  • carrosserie en bon état ;
  • répartition conforme ;
  • chargement adapté aux conditions d’essai ;
  • espaces maîtrisés ;
  • portes et parois fermées ;
  • respect des instructions du constructeur.

Le marquage XL ne signifie pas qu’aucune sangle n’est nécessaire dans toutes les situations. La contribution dépend de la certification, du chargement, de la répartition, des espaces, de l’état et des conditions du constructeur.

Rideaux latéraux

Un rideau ordinaire sert d’abord à fermer la carrosserie et ne doit pas être considéré comme un dispositif de retenue. Un rideau ne contribue à l’arrimage que dans une configuration documentée, notamment lorsqu’il appartient à une carrosserie répondant aux exigences applicables et que les conditions d’utilisation sont respectées.


16. Protections contre les arêtes et l’abrasion

Une sangle textile ne doit pas travailler directement sur une arête susceptible de la couper, de l’échauffer ou de l’user.

Les protections servent à :

  • protéger le textile ;
  • protéger la marchandise ;
  • répartir la pression ;
  • faciliter la transmission de tension ;
  • stabiliser le passage de la sangle.

À contrôler :

  • largeur compatible ;
  • position stable ;
  • résistance à la charge ;
  • état de la protection ;
  • rayon de courbure ;
  • absence de contact coupant ;
  • maintien pendant le trajet.

Consultez les protections, coins, cornières, passants et tapis antiglisse Weiss.

Une protection n’autorise pas automatiquement un contact avec n’importe quelle arête. Si le bord reste coupant, mobile ou chauffant, la solution doit être revue.

Rayon de passage et transmission de tension

Une arête serrée augmente la contrainte locale et peut empêcher la tension de se transmettre correctement sur le côté opposé. Choisir une protection qui crée un rayon suffisant, reste stable et supporte la pression. Une cornière peut protéger la marchandise tout en restant insuffisante pour protéger le textile contre une arête métallique vive.


17. Mise en œuvre d’une sangle à cliquet

Avant la pose

  1. Identifier la charge.
  2. Vérifier le plan d’arrimage.
  3. Contrôler l’étiquette.
  4. Examiner le textile et les coutures.
  5. Tester le tendeur.
  6. Contrôler les crochets.
  7. Vérifier les points.
  8. Nettoyer les surfaces.
  9. Mettre en place tapis et protections.
  10. Caler la charge.

Pendant la pose

  • dérouler la sangle sans la traîner ;
  • éviter les vrilles ;
  • engager complètement les crochets ;
  • maintenir la sangle dans l’axe ;
  • protéger les arêtes ;
  • reprendre le mou avant de tendre ;
  • conserver un enroulement maîtrisé sur le mandrin ;
  • ne pas saturer le mandrin ;
  • fermer complètement le tendeur ;
  • sécuriser l’excédent.

Pendant la tension

  • utiliser uniquement la poignée ;
  • observer la charge ;
  • contrôler les protections ;
  • ne pas écraser le colis ;
  • ne pas se placer dans une zone de chute ;
  • arrêter en cas de point dur ;
  • répartir les efforts.

Au desserrage

  • contrôler la charge avant toute ouverture ;
  • éloigner les personnes ;
  • vérifier les portes et ridelles ;
  • caler les éléments roulants ;
  • relâcher progressivement ;
  • ne jamais se tenir dans l’axe d’un déplacement possible.

18. Contrôle, entretien, recontrôle et mise au rebut

Contrôle et décision de mise au rebut

VERT — UTILISABLE
Étiquette lisible, textile intact, coutures saines, tendeur verrouillable, crochets non déformés.
ORANGE — METTRE À L’ÉCART
Doute sur l’historique, contamination, fonctionnement irrégulier ou défaut à expertiser.
ROUGE — RÉFORMER
Coupure, couture atteinte, étiquette absente, fissure, déformation, corrosion critique, réparation improvisée.

En cas de doute sur l’aptitude : ne pas utiliser avant décision compétente.

Un examen visuel est nécessaire avant chaque utilisation. L’INRS recommande en complément une vérification annuelle organisée ; la fréquence doit être renforcée selon l’intensité, l’environnement, les incidents et les instructions du fabricant. Cette recommandation ne doit pas être présentée comme une périodicité réglementaire universelle pour tous les dispositifs.

Sangle textile : retrait du service

  • étiquette absente ou illisible ;
  • coupure longitudinale ou transversale ;
  • lisière coupée, échauffée ou fortement usée ;
  • couture, boucle ou zone cousue endommagée ;
  • attaque chimique, contamination inconnue ;
  • fibres fondues, satinées, durcies ou brûlées ;
  • nœud ou réparation improvisée ;
  • déformation locale ou abrasion importante.

Tendeur : retrait du service

  • grippage ou point dur ;
  • denture, axe ou poignée endommagés ;
  • verrouillage incomplet ;
  • fissure, déformation ou corrosion critique ;
  • enroulement impossible dans l’axe.

Crochet : retrait du service

  • linguet absent lorsque le modèle en comporte un ;
  • ouverture anormale ; l’INRS cite un écartement supérieur à 10 % comme critère de réforme ;
  • fissure, torsion, usure importante ;
  • corrosion profonde ;
  • portée ou chape détériorée.

Chaîne : retrait du service

Les critères de l’INRS comprennent notamment :

  • allongement supérieur à 3 % mesuré sur 10 à 20 maillons ;
  • réduction du diamètre par usure supérieure à 10 % ;
  • entaille, fissure, déformation ou dommage thermique ;
  • corrosion critique ;
  • absence de plaque d’identification ;
  • terminaison ou tendeur déformés.

Les critères du fabricant ou du plan de contrôle prévalent s’ils sont plus sévères.

Tapis et protections

Retirer du service les tapis ou protections :

  • déchirés, écrasés, durcis ou contaminés ;
  • dont la valeur de frottement n’est plus garantie ;
  • qui ne restent plus en place ;
  • présentant une arête créée par l’usure ;
  • incompatibles avec la pression ou la température.

Stockage

  • propre et sec ;
  • à l’abri des UV prolongés et des sources de chaleur ;
  • séparé des produits chimiques ;
  • sans écrasement ni nœud ;
  • tendeur fermé et protégé des chocs ;
  • chaîne nettoyée, identifiée et non entassée sur des agents corrosifs.

Recontrôle pendant le transport

Recontrôler notamment :

  • après les premiers kilomètres ou la première heure ;
  • après un freinage important ;
  • après un virage pris dans des conditions sévères ;
  • après une route dégradée, un ralentisseur ou un choc ;
  • après pluie, gel ou variation thermique ;
  • après tassement ou vibration ;
  • après un déchargement partiel ;
  • à chaque modification du chargement.

Le recontrôle porte sur la tension, les crochets, les points, les protections, le calage, la carrosserie et la stabilité globale.

Source : INRS ED 6145, chapitres maintien en état et conduite.


19. Cas terrain par famille de charge

Palettes et caisses

Risques : glissement, tassement, écrasement, rupture du film, déplacement interne, basculement des palettes hautes.

Réponses : plancher propre, tapis antiglisse, blocage, cornières larges, STF compatible, cohésion du colis vérifiée, recontrôle après tassement.

Profilés, poutrelles et acier

Risques : faible frottement, arêtes, forte inertie, glissement longitudinal, mouvement entre éléments.

Réponses : appui avant résistant, calage, ranchers, tapis compatibles, protections, arrimage direct, chaînes si le textile n’est pas adapté.

Tubes, bobines et tourets

Risques : roulement, éjection latérale, basculement, mouvement brutal au desserrage.

Réponses : berceau, cales fixées, effet ressort calculé, arrimage direct, blocage latéral, contrôle du centre de gravité et procédure de désarrimage.

Machines industrielles

Risques : masse inconnue, centre de gravité décalé, points non prévus, carters fragiles, flexibles et accessoires mobiles.

Réponses : instructions constructeur, points identifiés, verrouillage des éléments mobiles, protection des flexibles, répartition sur essieux, retenue directe.

Engins de chantier

Risques : masse élevée, boue, roues ou chenilles, articulation, équipement mobile, centre de gravité haut.

Réponses : nettoyage des appuis, frein et position de stationnement, calage, chaînes, points constructeur, verrouillage des équipements, plan documenté.

Transport automobile

Utiliser des sangles destinées à reprendre la roue sans endommager le pneumatique ni imposer un passage dangereux. Vérifier les prescriptions du plateau et du véhicule transporté.

VUL, fourgons et ateliers mobiles

Risques : points faibles, étagères, tiroirs, bouteilles, charges compactes très denses, freinages plus sévères, accès réduit.

Réponses : respecter le constructeur, séparer les zones, verrouiller les rangements, utiliser rails et barres documentés, retenir chaque équipement critique, ne pas transposer les tableaux poids lourds.

Environnement humide ou corrosif

L’inox réduit le risque de corrosion des composants concernés, mais ne modifie pas la LC du système ni les limites du textile. Le sel, les produits chimiques et l’humidité exigent rinçage, séchage, inspection et compatibilité matière.

Charges fragiles ou compressibles

Une forte STF peut détruire l’emballage ou provoquer un tassement. Étudier : arrimage direct, blocage, cornière large, cadre intermédiaire, STF plus faible, répartition de pression et recontrôle.

Unités de transport intermodales et conteneurs

Le transport routier peut être suivi d’un transport maritime ou ferroviaire. Les accélérations, la durée, les vibrations et les possibilités d’inspection changent. Le CTU Code IMO/OIT/CEE-ONU constitue une référence de bonnes pratiques pour le chargement et l’assujettissement des unités de transport, sans se substituer aux règles obligatoires du trajet concerné.

Marchandises dangereuses

L’ADR ajoute des exigences spécifiques de chargement, séparation, calage, arrimage et documentation. Ne pas utiliser ce guide comme unique base pour une marchandise dangereuse ; intégrer le conseiller à la sécurité et les prescriptions de la classe concernée.


20. Erreurs fréquentes

ErreurConséquence
Choisir uniquement selon la largeurLC, STF ou crochet inadaptés
Confondre rupture et LCSurestimation dangereuse
Utiliser la LC à la place de la STFArrimage couvrant mal dimensionné
Utiliser la STF comme capacité directeMauvaise force de retenue
Ajouter un tube au tendeurSurcharge du système
Nouer une sangleRésistance inconnue
Passer sur une arête viveCoupure ou abrasion
Accrocher par la pointeDécrochage ou déformation
S’accrocher sur une tôlePoint non prévu pour l’effort
Utiliser un sandowMaintien insuffisant
Compter sur un rideau non certifiéRetenue non garantie
Utiliser une sangle d’arrimage pour leverUsage interdit
Oublier le centre de gravitéRisque de basculement
Relâcher sans regarder la chargeChute ou mouvement brutal
Mélanger chaîne et textile sans analyseRépartition d’effort incohérente
Appliquer EN 12195-1 à un VUL sans vérifier le périmètreSous-évaluation possible des accélérations
Compter sur une carrosserie XL sans respecter ses conditionsRetenue surestimée
Utiliser un tableau avec un angle différentNombre ou LC faux
Oublier la cohésion interne du colisCharge extérieure stable mais contenu mobile
Réutiliser une hypothèse de frottement sur un plateau humideCalcul non représentatif

Le sandow, le feuillard textile et les sangles rétractables doivent être utilisés dans leurs domaines respectifs. Consultez la gamme feuillard textile, sandow et sangles rétractables.


21. Checklist opérationnelle avant départ

Charge et véhicule

Méthode et calcul

Matériel

Sécurité opérateur

Recontrôle prévu


22. FAQ technique

Combien de sangles faut-il pour une charge ?

Le nombre dépend de la masse, de la méthode, de la LC, de la STF, du frottement, des angles, du calage, des points et de la stabilité. Il n’existe pas de règle universelle par tonne.

Une sangle « 7,5 tonnes » peut-elle retenir 7,5 tonnes ?

Pas automatiquement. Cette valeur peut désigner la rupture du textile. La valeur d’utilisation est la LC du système, intégrée au calcul complet.

Quelle différence entre LC et STF ?

La LC sert principalement à la retenue directe. La STF représente la précontrainte utilisée pour augmenter le frottement dans un arrimage couvrant.

Une sangle plus large est-elle toujours plus sûre ?

Non. Une largeur supérieure n’est utile que si la LC, la STF, les points, les crochets, la longueur et la méthode sont adaptés.

Peut-on utiliser une sangle ou une chaîne d’arrimage pour lever ?

Non. Les dispositifs EN 12195 sont destinés à sécuriser une charge pendant le transport, pas à la lever ou la suspendre.

Un tapis antiglisse remplace-t-il les sangles ?

Non. Il augmente le frottement et peut réduire les efforts restant à reprendre, mais il ne traite pas automatiquement le basculement, le roulement ou le déplacement interne.

Une carrosserie XL dispense-t-elle toujours d’arrimer ?

Non. Sa contribution dépend de la certification, de l’état, de la répartition du chargement, des espaces et des conditions du constructeur.

Quand faut-il utiliser une chaîne ?

Pour les charges lourdes, rigides, métalliques, agressives ou fortement contraintes lorsque le textile n’est pas adapté et que les points permettent une retenue directe.

Faut-il retendre une sangle humide ?

L’humidité, le tassement et les vibrations peuvent modifier la tension. Il faut contrôler et retendre si nécessaire, sans dépasser les limites du matériel et de la charge. Une sangle contaminée ou endommagée doit être retirée.

Une étiquette illisible suffit-elle à réformer une sangle ?

Oui. Sans identification, la capacité, la matière et la traçabilité ne sont plus vérifiables.

Peut-on utiliser les abaques poids lourds dans un utilitaire ?

Pas automatiquement. Le périmètre publié de l’EN 12195-1 exclut les véhicules de 3,5 t ou moins. Il faut vérifier les instructions du constructeur et la méthode applicable.

Qui est responsable de l’arrimage ?

La réponse dépend du contrat, de la masse de l’envoi, de l’organisation et de l’accès au chargement. Le donneur d’ordre, le chargeur, le transporteur, le conducteur et l’employeur ont des obligations complémentaires.


23. Construire un plan d’arrimage d’entreprise

Un plan d’arrimage transforme un savoir individuel en méthode répétable. Il doit être compréhensible par un opérateur formé, vérifiable par un responsable et révisable après modification de la charge, du véhicule ou du matériel.

Contenu minimal

  1. photographie ou plan de la charge ;
  2. masse, dimensions et centre de gravité ;
  3. véhicule et répartition par essieu ;
  4. points d’ancrage utilisés et résistance ;
  5. méthode choisie ;
  6. coefficient de frottement et justification ;
  7. angles ;
  8. type, LC, STF et longueur des dispositifs ;
  9. protections, tapis et calage ;
  10. nombre et position des sangles ou chaînes ;
  11. ordre de pose et de tension ;
  12. contrôles avant départ et en route ;
  13. procédure de désarrimage ;
  14. version, date et validateur.

Gestion des modifications

Le plan doit être revu si changent : la masse, l’emballage, le centre de gravité, le véhicule, les points, le plancher, la carrosserie, la longueur des dispositifs, le type de tendeur, la STF, le nombre de dispositifs ou le parcours multimodal.

Audit terrain

Comparer le plan et la réalité :

  • les opérateurs utilisent-ils les points prévus ?
  • les angles restent-ils dans la plage retenue ?
  • les tapis sont-ils continus et propres ?
  • les tendeurs sont-ils accessibles sans risque de chute ?
  • le recontrôle est-il réellement effectué ?
  • les équipements réformés sont-ils isolés ?

24. Formation, organisation et sécurité des opérateurs

L’arrimage expose à des risques de chute de hauteur, retour de tendeur, déplacement de charge, coincement, effort excessif, chute au désarrimage et circulation autour du véhicule.

Organisation minimale

  • aire plane et éclairée ;
  • circulation séparée autant que possible ;
  • accès sûr aux deux côtés ;
  • moyens de travail en hauteur adaptés lorsqu’ils sont nécessaires ;
  • interdiction de grimper sur la charge ou la ridelle ;
  • rangement identifié des sangles, chaînes et protections ;
  • zone de quarantaine pour le matériel douteux ;
  • protocole de sécurité pour les opérations avec entreprise extérieure ;
  • formation pratique sur les matériels de l’entreprise.

Compétences à valider

L’opérateur doit savoir :

  • distinguer LC, STF, SHF et rupture ;
  • lire une étiquette ;
  • choisir un point compatible ;
  • reconnaître une arête dangereuse ;
  • mettre en place un cliquet sans saturer le mandrin ;
  • détecter une charge instable ;
  • identifier un matériel à réformer ;
  • réaliser le recontrôle ;
  • ouvrir et détendre sans se placer dans la trajectoire.

25. Parcours de choix et maillage Weiss

Arbre de choix Weiss

Charge légère / équipement compact
25 ou 35 mm
Choisir selon LC, longueur, tendeur et point d’accrochage.
Transport routier courant / palette / caisse
50 mm
Famille centrale ; arbitrer LC, STF, tendeur et terminaisons.
Charge lourde compatible textile
75 mm
Vérifier points, géométrie et possibilité d’une solution directe plus adaptée.
Engin / acier / charge agressive
Chaîne EN 12195-3
Ensemble cohérent : chaîne, tendeur, crochets, raccourcisseurs et points.
Humidité / corrosion
Arrimage inox
L’inox réduit le risque de corrosion mais ne change ni la LC ni les limites du textile.
Transport automobile
Sangles porte-voiture
Reprise de roue, géométrie du plateau et protections adaptées.

La largeur oriente la gamme ; la LC, la STF, la méthode et les points déterminent le produit.

Partir de la méthode

Compléter le système

Produits repères

Conversion utile : avant de commander, réunir la masse, les dimensions, le véhicule, les points, la méthode prévue, la longueur et des photographies. Weiss peut alors orienter vers un ensemble cohérent, sans remplacer le calcul d’un cas complexe.


26. Sources officielles et veille normative

Sources réglementaires et institutionnelles

Périmètres normatifs officiels AFNOR

Règle de veille

Avant une mise à jour contractuelle, un plan d’entreprise, une formation ou l’achat d’un équipement soumis à spécification :

  1. vérifier la date et le statut des textes ;
  2. vérifier l’édition en vigueur de la norme complète ;
  3. conserver la version utilisée dans le dossier ;
  4. mettre à jour les plans lorsque la charge, le véhicule ou le matériel change ;
  5. ne pas transformer une valeur indicative en exigence universelle.

27. Conclusion professionnelle

Un arrimage fiable résulte d’une chaîne de décisions cohérentes : charge connue, véhicule compatible, méthode choisie avant le matériel, frottement justifié, angles mesurés, capacités lues sur les équipements, points résistants, protections adaptées, calcul documenté et contrôle maintenu pendant le transport.

La largeur, la couleur ou l’appellation commerciale d’une sangle ne remplacent jamais la LC, la STF, la géométrie et la stabilité. Une carrosserie, un tapis ou une chaîne ne corrigent pas à eux seuls un plan incomplet. Le professionnel doit être capable d’expliquer ce qui retient la charge vers l’avant, vers l’arrière et latéralement, ce qui empêche le basculement, et ce qui se passe si la tension diminue.

Corderie Weiss accompagne depuis 1650 les professionnels dans le choix des sangles, chaînes, tendeurs, protections, rails et solutions spéciales. Pour valider un besoin, transmettre la masse, les dimensions, le véhicule, les points, la méthode envisagée et des photographies du chargement. Les cas atypiques ou complexes doivent être traités par un plan d’arrimage formel et une personne compétente.

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